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PCNS : L’Afrique telle qu’elle se décrit

Le Policy Center for the New South (PCNS) a présenté, mercredi 23 juin 2021, la quatrième édition du rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique, en marge de la 5e édition de la Conférence annuelle sur la paix et la sécurité en Afrique (APSACO) placée sous le thème « Femmes, paix et sécurité en Afrique ».

L'AfriqueLa quatrième édition du rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique est axée sur la situation socio-politique et sécuritaire en Afrique en 2020. Il s’agit d’un travail rétrospectif qui vise non seulement à retracer les faits marquants des années précédentes, mais aussi à déceler les tendances et les signes de faiblesse au moyen d’analyses diverses, le but étant de prévoir les développements futurs sur le continent, ont relevé les participants à cette session organisée par le PCNS en visioconférence.

Abdelhak Bassou, Senior Fellow au PCNS, qui modérait cette session, a souligné que « l’annualité du rapport ne rime pas avec la monotonie » puisqu’il s’agit d’un accompagnement du continent africain dans son évolution. Ainsi, cette 4e version donne la parole à près de 25 auteurs africains pour qu’ils développent, en 21 chapitres, un narratif africain sur des thématiques à caractère politique, sociétal, sécuritaire et de gouvernance du continent. Il s’agit d’un « afro-réalisme qui tend à s’éloigner de l’afro-optimisme, qui est utopique, et de l’afro-pessimisme nihiliste, sombre et décourageant« , a estimé Bassou, notant qu’il est question de décrire l’Afrique telle qu’elle est, avec ses revers, tout comme ses progrès, ses ambitions et ses opportunités.

De son côté, Nezha Alaoui M’Hammdi, Senior Fellow au PCNS et auteur d’un chapitre du rapport, a relevé que sa participation procède d’un désir profond de travailler sur l’Afrique, précisant que ce rapport est pertinent à bien des égards puisqu’il permet de connaître la réalité, de la décrire et de l’analyser pour, in fine, établir les bonnes stratégies pour les politiques publiques du continent. « Nous sommes en train d’initier un référentiel africain sur le plan du savoir, comme moyen de forger les mentalités par des Africains« , a-t-elle dit. S’agissant des relations avec le Nord, M’Hammdi a fait observer que l’aspiration du Sud est d’établir des relations équilibrées et de sortir d’un rapport hiérarchique vers un rapport d’échange. « C’est donc un moment crucial pour le continent où il est vital de se saisir de l’opportunité pour affirmer sa présence et contribuer à l’édification de l’Afrique de demain« , a soutenu la lauréate de l’Ecole nationale d’Administration publique de Rabat. M’Hammdi a affirmé que l’Afrique s’est montrée résiliente face à la Covid-19, à la faveur notamment de l’expérience d’Ebola qui a permis au continent d’aiguiser ses moyens de lutte contre des virus virulents, mais également grâce à la réactivité des pays africains qui ont activé tous les mécanismes possibles, dont celui de la solidarité. Or, la pandémie a également révélé les « failles » du continent, notamment en ce qui concerne la disponibilité de l’enseignement à distance, faute d’infrastructures adaptées, a-t-elle regretté.

Pour sa part, Khalid Chegraoui, Senior Fellow au PCNS a fait savoir que ce rapport se veut une tribune extraordinaire pour plusieurs auteurs de divers horizons africains, avec « un objectif noble, celui de dégager une vision de nous-mêmes, par nous-mêmes et pour nous-mêmes ». Ainsi, ce rapport, « qui est un produit du Sud pour le Sud s’inscrit dans un processus de décomplexification de la situation », a-t-il soutenu. S’agissant de la pandémie de Covid-19, Chegraoui a noté qu' »il était temps pour le continent de se doter d’un agenda de politiques sanitaires », pour aller de l’avant et faire en sorte que le continent soit en mesure de contrer un éventuel regain de la pandémie. Selon les initiateurs, le rapport « s’inscrit dans la vision d’un nouveau Sud du Policy Center, un Sud conscient de ses limites et de ses vulnérabilités, mais fort de son potentiel, de ses moyens et de son génie. Cette vision préconise également un positionnement du Sud dans un monde en constante évolution ».

En guise de conclusion, Rachid El Houdaigui, également Senior Fellow au PCNS a mis en avant les progrès réalisés en matière des droits des femmes en Afrique, notamment sur le plan institutionnel, ajoutant que la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU, relative au droit des femmes à la paix et à la sécurité, a permis d’instaurer un cadre référentiel pour plusieurs plans nationaux de mise en œuvre de cette résolution. Cette conférence a, en outre, permis d’échanger sur le renforcement des acquis et sur les solutions à envisager pour une perspective genre pérenne en Afrique, à travers notamment le renforcement des capacités institutionnelles des États, a-t-il rappelé.

Cette présente édition de l’APSACO a examiné les actions africaines effectives afin d’assister les pays du continent dans la promotion du rôle des femmes en tant qu’acteurs engagés dans la sécurité et les processus de paix en Afrique et sensibiliser la communauté internationale à leur implication majeure aux niveaux local, régional et global. Créée il y a cinq ans, l’APSACO ambitionne de se positionner en tant que plateforme intellectuelle périodique pour un échange d’expertise et d’expérience relatif aux questions de populations, de démographique transfrontalière, de paix et de sécurité en Afrique. Il s’agit également d’impulser une dynamique continentale à moyen et long terme sur les thématiques fondamentales africaines conduite par les Africains.

(Avec MAP)

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