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En Algérie, le FLN ne lâche pas le pouvoir

Algérie
Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Chorfi, lors d’une conférence de presse, le 15 juin 2021, à Alger. © RYAD KRAMDI / AFP

En Algérie, on prend les mêmes et on recommence. Les dirigeants du Mouvement de la société pour la paix (MSP), dits islamistes modérés, se font trop vite emballés. Et c’est l’éternel, inamovible parti au pouvoir, le Front de libération nationale (FLN), qui a remporté les élections législatives organisées samedi, dans un contexte de très forte abstention et de crise politique, selon les résultats dévoilés, mardi 15 juin 2021, par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). La victoire du FLN constitue une « surprise », sans vraiment en être une. Car la formation est considéré comme agonisante, un vieux parti « corrompu qui squatte le pouvoir depuis plus de quarante ans ». C’est en tout cas le message du mouvement contestataire qui a poussé à la démission en 2019 d’Abdelaziz Bouteflika.

Alors tout le monde s’attendait à ce que les gens du FLN prennent un peu de distance pour se refaire un semblant de virginité. Apparemment, ils sont tellement accros au pouvoir qu’ils ne peuvent plus vivre sans. Ainsi, le Parti du FLN est arrivé en tête avec 105 sièges sur 407, suivi des candidats indépendants avec 78 sièges. La principale formation islamiste du pays qui avait revendiqué la victoire à l’issue du scrutin, n’arrive que troisième avec 64 sièges. Ex-parti unique et principale formation du Parlement sortant, le FLN a néanmoins enregistré un léger recul en nombre de sièges, selon les premiers chiffres officiels provisoires. Il perd plus de 50 sièges et contrôle un quart des élus de la nouvelle Assemblée populaire nationale.

Le Rassemblement national démocratique (RND), avec lequel le FLN s’est traditionnellement allié, a remporté, quant à lui, 57 sièges (14 %). « Les fondations de ce Parlement ont été construites en toute liberté et transparence par le peuple », a assuré M. Charfi. L’ANIE a annoncé un taux de participation historiquement bas (23 %). Sur plus de 24 millions d’électeurs, l’ANIE a fait état de 5,6 millions de votants, dont plus d’un million de bulletins nuls. Lors du référendum de novembre, l’abstention avait atteint 70 %. En Algérie, les élections législatives peinent à convaincre une opinion désabusée. Il s’agit des premières législatives depuis le soulèvement populaire du Hirak, inédit et pacifique, qui a abouti à la démission du président Bouteflika après vingt années au pouvoir.

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