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Clinique Villa des Lilas, un joyau du patrimoine casablancais

Située dans le nouveau quartier casablancais appelé Casablanca-Anfa, l’ancien aérodrome d’Anfa, la clinique Villa des Lilas est une révolution de la prise en charge institutionnelle de la psychiatrie par la performance personnelle, l’innovation, les nouvelles techniques mais aussi par la conception de la structure elle-même. Cette édifice, sur une superficie de 3130 m², est conçue par l’architecte urbaniste Jalal Zemmama qui, fort de son expérience professionnelle de plus de 30 ans, a réussi à conférer à cet espace de l’innovation et de l’originalité où il a dévoilé la diversité de ses inspirations.

Clinique Villa des Lilas

Bruno Zevi disait : «L’architecture, c’est ce qui reste quand on a enlevé les pierres». C’est le cas aussi de la clinique psychiatrique Villa des Lilas à Casablanca. L’architecte urbaniste Jalal Zemmama qui, fidèle à ses principes, a conçu avec détermination ce joyau du patrimoine casablancais. Il s’agit d’une clinique en R+6 avec sous-sol.
A première vue de Villa des Lilas, on s’aperçoit que l’architecture est aussi une culture, un ensemble de savoirs et savoirs-faire qui débordent largement l’acte technique de construire. Grâce à son esprit de production libérée de toute rigidité́, Jalal Zemmama, lauréat de l’Ecole nationale d’Architecture (ENA) de Rabat en 1987, a réuni tous les ingrédients pour nous offrir un espace à la fois poétique et aérien qui restera dans toutes les mémoires.
Sur le plan architectural, Jalal Zemamma a tenu à ce que l’ensemble des espaces soit optimisé afin de faciliter les liaisons des patients avec l’administration et le corps médical, et les interactions entre les différents services et à raccourcir au maximum les déplacements et éviter le croisement des flux. Déjà, l’édifice laisse pantois par sa conception magnifiée sous forme d’une tête. Un clin d’œil au fameux poème « Le Corbeau» d’Edgar Poe où toutes les confrontations et les dialogues entre lui et le corbeau se passaient simplement dans sa tête que symbolisait sa maison séquestrée. Cette forme est enrobée par une seconde peau savamment parsemée de fleurs de lilas. Au point même de se confondre avec une entreprise, le siège d’une banque… mais un lieu en parfait accord avec l’esprit requis pour une clinique psychiatrique digne de ce nom. C’est dire que la conception voulue est justement pensée dans ce sens où Jalal apporte une réponse au refus de l’image carcérale et concentrationnaire des asiles. L’espace répond également à cette ambiance qui aide les médecins et les infirmières à restaurer la santé des malades. Car pour lui, si le personnel de l’hôpital s’efforce de créer un milieu thérapeutique et l’architecture doit, elle aussi, y contribuer.
Ainsi, le mérite de notre architecte aussi c’est avoir pensé à lutter contre le cadre artificiel d’un hôpital psychiatrique, de par son règlement routinier, ses mornes corvées, les uniformes du personnel, la tenue négligée des malades, le bruit agaçant des clefs, l’affreuse cour, le désœuvrement, l’ennui. Comme réponse à cette pauvreté, loin de ce cadre inhumain, Jalal a donné à ce lieu un caractère compréhensif, sympathique, souple et vivant. De façon à ce que le médecin ait toute une gamme de «climats psychothérapiques» à travers toutes les unités.
En effet, sur le plan urbanistique aussi, Jalal n’a pas fait les choses à moitié. La clinique possède quatre façades donnant directement sur des voies, deux carrossables et deux mails piétons. Son approche architectonique n’est pas du reste. L’intérieur de la clinique ainsi que les façades extérieures sont traitées avec le plus grand soin dans le respect des éléments architectoniques simples et homogènes faisant usage d’éléments modernes. Inspirée par des mouvements infinies et complexes, la façade de formes géométriques diverses s’enroule de façon dynamique autour de la structure. Objectif : réunir harmonieusement la nature et la haute technologie.
Place maintenant à l’aspect environnemental où Jalal Zemmama, en plus de la volonté d’assurer la bonne intégration du projet dans son environnement, a choisi de prendre toutes les dispositions nécessaires pour le respect des riverains : gestion des déchets, réduction des nuisances et préservation de la biodiversité.
Bref, l’énorme travail artistique mené par l’architecte Jalal dans la conception de la clinique Villa des Lillas nous rappelle avec insistance que l’architecture ne peut plus être considérée seulement comme la création d’un objet architectural qui se suffit à lui-même. Bien au contraire, elle se poursuit, continue, se prolonge et, une fois finie, commence à vivre au gré des usages, des pratiques et des vécus.

Ayoub Akil

Parcours d’un homme d’influences

Clinique Villa des LilasLauréat de l’Ecole nationale d’Architecture (ENA) de Rabat en 1987, Jalal Zemmama est architecte enseignant auprès de la Direction de la Formation des Cadres du Ministère de l’intérieur (1988, 2 ans) et architecte dans le secteur privé depuis 1990. Il a développé des domaines de compétence aussi riches que variés. Il est Président du 1° Conseil régional de l’Ordre des architectes du Tensift en 1994 et Président de la Commission BTP (Bâtiment et Travaux Publics), du Club des Dirigeants (CDD). Il est également membre du Comité scientifique de l’Académie diplomatique italienne (IDA) Maroc, du Rotary International- au même titre que Président de la Commission Rotaract/Rotary, District 9010 (zone Maghreb). Le Président de l’Association «Soif de Culture – Maroc», Jalal Zemmama est membre fondateur ou membre de plusieurs associations professionnelles, sociales, culturelles et sportives.
A son actif, notre architecte urbaniste compte plusieurs études régionales, de projets d’aménagement urbain, de lotissements, de projets de construction pour le compte des établissements publics, semi-publics ainsi que pour le compte de promoteurs privés. Il a participé à des concours d’architecture nationaux et internationaux, seul ou en groupe, et l’un de ses projets a reçu trois prix internationaux notamment celui du Prix Spécial COPE 22 du meilleur projet de tourisme durable en 2016. A côté de toutes ces réalisations, Jalal Zemmama a exercé dans le domaine de l’enseignement et a participé à plusieurs manifestations, conférences et conventions au Maroc et à l’étranger dont certaines en tant que membre du staff d’organisation. Il a accompagné plusieurs missions à l’étranger, la dernière en date celle des «jeunes ambassadeurs» tenue en Février 2020 au siège de l’ONU à New York. Il a entretenu tout au long de sa carrière des relations très étroites professionnelles et amicales avec tous les intervenants dans le domaine du BTP.

 

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