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Abdelhak Salim, l’artiste qui joue avec le néo-figuratif 

Admirer les œuvres de l’artiste-peintre Abdelhak Salim, c’est aussi rencontrer la sincérité et une certaine conviction qui ne nous laissent pas insensibles. Toutefois, le génie de ce natif de la région de Had Soualem en 1984, que les critiques d’art  qualifie de potentiellement consistant, est de toujours réussir à rester dans le vrai et la justesse des émotions, tels qu’on les ressent, lorsqu’on se laisse envahir par son univers plastique  fourvoyant à plus d’un titre.

Abdelhak SalimSes expositions individuelles et collectives sont en somme pour le public l’occasion de découvrir ses travaux où il marie bien couleurs chaudes et froides pour un rendu figuratif attrayant. Plasticien pluriel, Abdelhak Salim, de par son expression picturale,  ose réinterpréter de manière totalement inédite ses sujets, tant dans la forme que dans les couleurs et les matières.  Il possède le don du pouvoir suggestif. Toute son expression picturale s’oriente vers le néo-figuratif,  car il est un artiste peintre méditerranéen par excellence, au tempérament chaleureux et spontané.

Abdelhak SalimSes toiles sont traitées d’instinct, en touches disciplinées et taches organisées qui s’assemblent avec talent et se révèlent subtils en tonalités optimisées. Légèreté de la matière et ondes délicates dans un agencement qui exprime une évolution constante et une assurance qui gagnent en sobriété, en symbiose avec la sensibilité de l’artiste. Son univers est unique mais pas frivole, néo-figuratif mais de bon ton, suggestif mais sans être vulgaire. C’est une expérience unique où vous vivez les œuvres, vous ressentez, vous expérimentez.

Aujourd’hui, ce jeune plasticien est considéré comme l’un des espoirs de l’art contemporain marocain. En témoignent ses travaux récents huilés où le bleu outremer ou opalin cohabite avec le rouge bordeaux ou carmin, les gris colorés destinés à meubler le fond ressortent des zones sourdes. Le tout en adéquation avec les plans du devant. En somme, la composition chez Abdelhak Salim  est considérée comme une mise en scène, mais très sérieuse, si l’on peut dire, où c’est l’occasion pour l’artiste de projeter ses intimes sensations, son moi profond.

Point n’est besoin de l’infini des mots pour entrer en poésie, le pinceau vaut plume raffinée et grandiose, abordant un monde qui nous subjuguera. C’est ce que l’on retient aussi de l’œuvre de l’artiste peintre marocain Abdelhak Salim.  Une œuvre d’un artiste avéré qui marie bien poésie, narration et peinture dans un procédé toujours à réinventer.

Dans la spontanéité du geste créatif émerge un dialogue en filigrane entre le pinceau, la lumière et la forme et parfois le rendu dépasse tout horizon d’attente, car, sur la toile encore humide, la lumière réfléchie par les pigments traduit miraculeusement l’état d’âme du moment et l’émotion ressentie.

Inspiré de la nature et la diversité de la vie, le travail de ce jeune plasticien figuratif est caractérisé par une approche personnalisée.

Le plus souvent, il débute, sans idée préconçues, par des gestes très spontanés, c’est comme une exploration intuitive visant à traduire un monde intérieur qui est faite, à prime abord, sans souci de beauté rationnelle autre que la cohérence des formes et des couleurs. De cet élan créatif émergent des formes allusives, une atmosphère, bref, une composition.

C’est d’ailleurs son terrain de jeu/enjeu depuis toujours.  L’expérience de son propre univers, qui apparaît souvent avec soudaineté, manifeste authentiquement et originairement l’œuvre qui perce le temps pour voir et percevoir. Ce temps est intuitif et semble d’abord donné comme un vécu de conscience et inconscience mêlées. Ce temps se veut également auto-psychique et nous embarque dans l’univers des rêves et des rêveries d’une artiste au goût prononcé pour la néo-figuration.

De ce procédé créatif cherchant un équilibre entre la nécessité du contrôle et le défi de l’impromptu se dégage une grande sérénité et zénitude. Pour Abdelhak Salim, l’art est essentiel mais trouve surtout valeur dans l’échange entre la réalisation picturale et la réaction du récepteur. Ainsi la lecture de ses tableaux provoque, chez les passionnés d’art, un effet de lâcher prise sur le conventionnel et qu’ils éprouvent un certain plaisir en y trouvant leurs propres références et repères d’appartenance, tout en se surprenant à y voyager librement.

Ayoub AKIL

 

 

 

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