Zineb el Briouil, une jockey marocaine au galop

  • Marocains partout
  • 09 Juin 2017 - 10:12

Dans une discipline dominée par les garçons, une jeune jockey marocaine rêve de s’imposer: Zineb el Briouil, 18 ans, a disputé récemment un prix international sur un hippodrome de Marrakech flambant neuf et tout juste inauguré. La cavalière marocaine s’est mesurée le 7 mai dernier à des femmes jockeys venues du monde entier. « Je suis la seule femme jockey au Maroc à avoir gagné douze épreuves nationales. A chaque fois, je n’étais opposée qu’à des garçons », souligne-t-elle, fière de « participer à une course internationale ». Dans la salle de pesage, c’est l’effervescence avant la course. Silhouette fluette, vêtue d’une casaque noire et verte, sa selle sur le bras, la jeune femme s’assied sur une chaise reliée à une balance sous le regard des commissaires. Zineb el Briouil a commencé par pratiquer l’obstacle à l’âge de neuf ans. « Puis je suis passée aux courses », raconte-t-elle. « J’ai étudié trois ans à l’Institut national du cheval de Dar el Salam à Rabat, une année comme soigneuse et deux ans en tant que jockey ».

Zineb est issue d’une famille qui vit du cheval: c’est son père qui lui a mis le pied à l’étrier et qui continue à l’entraîner. « La première fois qu’elle a essayé, ses jambes sont sorties des étriers, elle s’est énervée et a dit qu’elle refusait de continuer », se souvient Mbarak el Briouil. « Je lui ai dit: remonte, ça marchera demain. Si tu n’essaies pas encore, tu n’apprendras jamais. Tu dois monter, monter et encore monter pour apprendre ». Sous un soleil de plomb, les lads font tourner les chevaux nerveux dans le rond de présentation. Fehria, la jument grise que le tirage au sort a attribuée à Zineb, porte le numéro 12. Alors que toutes les jockeys sont montées et rejoignent la piste, la jeune femme pressée par son père, court et se dépêche de se hisser sur son cheval. Seules trois femmes jockeys ont à ce jour foulé les hippodromes du royaume. L’une d’elles, Bouchra Marmoul s’entraîne désormais en France. Zineb monte tous les jours, au moins une heure, et pratique d’autres sports comme la course à pied en appui de son entraînement. « Quand je demande aux autres cavalières pourquoi elles ne veulent pas être jockey, elles me disent que c’est difficile. En plus, on ne voit que des garçons sur les champs de courses, les filles pensent qu’elles ne peuvent pas le faire », regrette Zineb.

 

 

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