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Zahra Bouya pour l’amour du ciel 

AUSTRALIE – Les pieds en Australie, les yeux rivés sur l’espace. C’est Zahra Bouya, une scientifique marocaine qui se consacre avec passion, depuis presque une décennie, à l’exploitation et à l’analyse des données satellitaires collectées autour du globe pour observer les changements météorologiques de l’espace et leur impact sur l’environnement terrestre.  

Zahra BouyaPORTRAIT – De son quartier populaire à Kénitra au Bureau australien de météorologie dans la métropole de Sydney, l’histoire de Zahra Bouya est celle d’une femme qui s’est investie à chercher le savoir aussi loin qu’en Australie, avec une passion de scientifique qui se propulse dans l’infini de l’univers dont elle tente de percer les secrets. Même après avoir décroché un doctorat de 3eme cycle en physique de l’université Ibn Tofail à Kénitra, Mme Bouya ne voulait pas arrêter sa quête de savoir. Son destin et sa volonté l’emmènent jusqu’au pays des kangourous où elle a obtenu une prestigieuse bourse pour poursuivre ses études à l’université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney, où elle a décroché, en 2008, un autre doctorat en physique de l’atmosphère. Ce diplôme lui a permis de rejoindre les services de météorologie spatiale relevant du Bureau australien de météorologie où elle s’est imposée en tant que prévisionniste en météorologie spatiale depuis 2011. « C’est une discipline relativement récente qui s’intéresse principalement à l’impact de l’activité solaire sur notre environnement terrestre », vulgarise la scientifique, entourée d’une panoplie d’écrans dans son bureau au 15e étage du bâtiment du Bureau australien de météorologie. « Au moyen de l’observation, l’analyse et la modélisation, j’essaie de prévoir l’état du soleil et des environnements interplanétaire ou planétaire, ainsi que les perturbations qui les affectent », explique-t-elle, ajoutant que les prévisionnistes essaient de mettre en place un service opérationnel de prévision, comme en météorologie terrestre. Certains états du soleil (éruptions solaires) et des environnements interplanétaire ou planétaire peuvent engendrer des situations graves pour les nombreuses applications des nouvelles technologies vitales pour l’humanité : satellites inopérants, voire détruits, irradiation des astronautes et des passagers à bord d’avions de ligne, perturbation du positionnement par satellite, perturbations sur les réseaux de distribution de l’électricité, etc., relève Mme Bouya. Ainsi, dans son poste, la scientifique marocaine assure l’exploitation et l’analyse des données des satellites répartis autour du globe pour fournir des conseils sur les incidences des activités de météorologie spatiale aux clients dans les secteurs de l’aviation, de la défense, du gouvernement, de l’énergie et des ressources. Ses conseils permettent à l’industrie australienne de prendre des décisions afin d’atténuer les effets néfastes de la météorologie spatiale sur les infrastructures sensibles. En tant que prévisionniste en météorologie spatiale et chercheure scientifique, Mme Bouya œuvre aussi à développer des modèles ionosphériques pour les systèmes mondiaux de navigation par satellite (GNSS) et les communications à haute fréquence. Elle est également membre de l’Asia-Oceania Space Weather Alliance (AOSWA) où elle s’associe aux efforts internationaux visant à mieux faire connaître la météorologie spatiale et les orientations futures de la prévision météorologique spatiale. « Je suis l’une des rares femmes qui ont investi la partie opérationnelle de cette discipline », confie Mme Bouya, témoignant de sa fierté de représenter son pays dans cette science relativement récente. Interrogée sur sa relation avec sa mère-patrie, la scientifique plonge dans ses souvenirs d’enfance dans les quartiers de Kénitra. « Je veille à ce que je vis le Maroc malgré les 17.000 km qui nous séparent. Je vis à la marocaine et je suis soucieuse de permettre à mes deux enfants de rester en contact permanent avec la culture et l’identité du pays ». « On ne se sent jamais dépouillés de son origine et de son identité malgré l’immersion dans un autre pays ou une autre culture, le temps n’a pas d’effet sur le sentiment de mon appartenance, je suis marocaine et je le resterai », affirme la scientifique. « Je tiens aussi à partager mon savoir-faire avec mon pays », souligne Mme Bouya, qui est en train d’établir des collaborations et des projets de recherches avec plusieurs institutions académiques au Maroc. 

(Avec MAP)

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