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Virons ces lois grotesques

Meriem Lyoussoufi, Fondatrice, Editorialiste

L’affaire Hajar Raissouni est malheureusement révélatrice du mal qui ronge notre pays. Aujourd’hui, tout le monde juge, tout le monde a une opinion sur l’action ou inaction de chacun. C’est assez malsain. On veut que le monde soit à notre image. Ou à l’image que l’on se donne soi-même. Celle d’êtres purs et vertueux. On se voit comme parfaits. Irréprochables. Mais si par inadvertance, nous succombions à nos désirs, nous culpabilisons. Nous refusons de croquer la vie à pleine de dents, de peur d’y prendre goût. Alors on grignote ici et là. En cachette. Loin des regards. On ne veut pas que les autres nous surprennent. Qu’on nous tombe dessus en flagrant délit de gourmandise. Qu’on voit nos vices. Nos imperfections. Pourtant, on raffole de voir ceux des autres. On les commente. On les partage. Quel paradoxe. On ne veut pas qu’on touche à notre vie privée. On veut que notre jardin secret soit infranchissable. En même temps, on veut défoncer les portes qui nous séparent de l’intimité des autres pour qu’on puisse jouir de leurs malheurs. Dans les pays qui se respectent, nos vies privées ainsi que nos libertés individuelles sont telles des sanctuaires infranchissables. Au Maroc, la réforme du code pénal nous a plongé un siècle en arrière. Les lois évoluent au fur à mesure que les sociétés avancent. Finalement, ce sont les lois qui doivent s’adapter à l’évolution du monde. Quel message sommes-nous en train d’envoyer à la communauté internationale ? Quel enseignement doivent-ils en tirer ? On veut séduire les investisseurs. On veut attirer les touristes. Comment ? En dictant et en appliquant des lois moyenâgeuses. Tant qu’on y est, pourquoi pas ne pas instaurer la muselière pour les femmes qui vous dérange…

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