La SNCF veut botter le train des pauvres Chibanis

  • Marocains partout
  • 16 Mai 2017 - 11:58

Après moult renvois et, pour certains, 12 ans de procédure, plus de 200 « Chibanis » le matin, et autant l’après-midi, ont assisté lundi 15 mai 2017 à la première journée de débats devant la Cour d’appel de Paris, dans une salle comble. Des enfants ou épouses représentaient parfois leur proche, mort ou malade. Deux anciens salariés ont été autorisés à s’exprimer au nom des autres. « On travaillait comme des moutons« , a raconté le premier à la cour, disant avoir « baissé la tête » parce qu’il avait « une famille sur le dos ». « On est là pour défendre notre honneur » car « la SNCF a profité de nous », a dit le second, ému aux larmes en évoquant le moment où il a découvert le montant de sa retraite.

En première instance, la SNCF avait été condamnée pour discrimination dans la quasi-totalité des dossiers. Le montant des dommages et intérêts prononcés en septembre 2015 devant le conseil de prud’hommes de Paris, suspendus par l’appel formé in extremis par le groupe public, s’élevait alors à 170 millions d’euros. Embauchés comme contractuels, donc avec un CDI de droit privé, les Chibanis n’ont pour la plupart pas bénéficié du « statut » plus avantageux des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d’âge. La SNCF a recruté au total près de 2.000 Marocains entre 1970 et 1983, en vertu d’une convention signée entre la France et le Maroc qui garantissait « l’égalité des droits et de traitement avec les nationaux« , a souligné l’avocat du défenseur des Droits. La discrimination ne fa it selon lui aucun doute : elle « ne prospère pas dans l’opacité, elle est organisée, statutaire », « en gros assumée« , a déclaré Slim Ben Achour, en livrant une charge contre la clause de nationalité, supprimée dès 2002 par la RATP, a-t-il rappelé.

 

 

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