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Rue du Pardon, le journal intime d’une chikha 

Rue du PardonLIVRE – Avec son nouveau roman « Rue du Pardon », Mahi Binebine nous immerge dans le monde festif de la chanson populaire marocaine pour dresser avec finesse et délicatesse un superbe portrait féminin. Celui d’une chikha, chanteuse et danseuse populaire ou plutôt une artiste qui vit dans la précarité. C’est dans cette petite rue très modeste de Marrakech que grandit la narratrice de ce roman, Hayat (« la vie » en arabe). Le quartier est pauvre, seule la méchanceté prospère. Ainsi, Hayat qui est née blonde suscite les ricanements de tous et fiche la honte à sa mère. Une jungle sordide l’entoure, avec un père au visage satanique et des voisines qui persiflent comme des serpents. Tant de difficultés auraient dû avoir la peau de cette enfant, mais on ne peut pas détruire «la vie». Comme un oiseau qui sort de sa cage, Hayat s’échappe, et ressuscite grâce à Mamyta, la plus grande danseuse orientale du Royaume. Mamyta est une sorte de geisha – chanteuse, danseuse et amante. Une femme libre dans un pays fondé sur l’interdit. Elle est de toutes les fêtes, mariages, circoncisions… mais elle danse aussi dans les cabarets populaires fréquentés par les hommes. Dénigrée et admirée à la fois, ses chants sont un mélange de grivois et de sacré. Avec ses danses toute mélancolie disparaît. Hayat découvre comment on fait tourner la tête aux hommes, comment la grâce se venge de l’hostilité, comment on se forge un destin. C’est un roman qui se vit, qui se respire, qui se ressent. Rue du Pardon, paru aux Editions Stock, est surtout une expérience intense qui nous transporte au cœur de ces folles soirées sous l’emprise de l’ivresse des chants populaires. Né en 1959 à Marrakech, Mahi Binebine peintre et écrivain francophone s’installe à Paris en 1980 pour y poursuivre ses études de mathématiques, matière qu’il enseigne pendant huit ans. Puis il se consacre à l’écriture et à la peinture. Plusieurs de ses romans sont traduits en une dizaine de langues. Il émigre à New York de 1994 à 1999. Ses peintures font partie de la collection permanente du musée Guggenheim de New York. Il revient à Marrakech en 2002 où il vit et travaille actuellement.

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