PSA met la main sur Opel

  • Marocains partout
  • 07 Mars 2017 - 09:03

En cédant Opel à PSA, General Motors (GM) scelle son départ d’Europe sur un coûteux échec commercial et entend se recentrer sur des marchés plus rentables (Chine, Etats-Unis) pour pouvoir investir dans les voitures autonomes. Le premier groupe automobile américain a annoncé lundi vendre pour 1,3 milliard d’euros sa filiale européenne Opel/Vauxhall au français PSA, mettant fin à 16 années de pertes en Europe, pour un total de 15 milliards de dollars. Si la transaction va lui coûter le troisième rang mondial en termes de ventes au profit de l’alliance Renault-Nissan/Mitsubishi, elle devrait être une bonne affaire sur le plan financier en permettant au groupe américain de renforcer sa trésorerie d’au moins 1,4 milliard de dollars par an, calculent les analystes.

«GM a choisi la rentabilité sur la taille », estime Jairam Nathan, chez Daiwa capital Markets, tandis que Maryann Keller, chez MK&A, parle de «pragmatisme» et de «bon sens». «Au moment où l’industrie automobile se focalise sur les voitures autonomes et connectées, l’épicentre du leadership en matière technique est aux Etats-Unis (et non en Europe)», fait valoir Mme Keller. GM a pâti en Europe d’une stratégie centrée sur la commercialisation de petites voitures aux marges faibles, qui l’a plongé dans des restructurations permanentes et coûteuses en raison du droit du travail européen beaucoup plus strict que la législation américaine.

A la tête de GM depuis 2014, Mary Barra confirme le choix d’investir principalement dans les marchés rentables, renonçant à une tradition qui veut qu’un constructeur soit présent sur tous les continents pour être considéré comme important. Ce changement de cap avait débuté en 2015 lorsque GM avait arrêté sa production en Thaïlande et en Indonésie et abandonné la Russie. Quitter l’Europe suggère que le constructeur américain veut investir en Amérique du nord, qui concentre la majorité de ses bénéfices, et en Chine, où il vend le plus de voitures et croît rapidement.

Les ventes des 4X4 de loisirs (SUV) et des camionnettes à plateau (pickups) aux fortes marges ont explosé en Amérique du nord à la grande joie des constructeurs, qui investissent dans les technologies afin de permettre à ces véhicules de satisfaire aux exigences américaines en matière d’émission de CO2. La Chine, devenue le premier marché automobile mondial avec 28 millions de voitures vendues en 2016, a, elle, le potentiel de suppléer les ventes perdues en Europe.

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