Présidentielle : vers un combat de radicaux ?

  • Marocains partout
  • 20 Avril 2017 - 09:41

En France, les candidats à la présidentielle des deux grands partis qui ont dirigé le pays depuis des décennies PS et droite républicaine recueillent à peine plus du quart des intentions de vote à quelques jours seulement du premier tour et sont même menacés d’être éliminés. Tandis que la gauche radicale et l’extrême droite (FN), qui était au bord de l’extinction il n’y a pas si longtemps, semblent aujourd’hui en capacité de se qualifier pour le tour décisif. A l’issue d’une campagne présidentielle irréelle, irrationnelle, ternie par les couacs, les polémiques et les incidents majeurs, quatre candidats se tiennent dans un mouchoir de poche. Il s’agit d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Peu de gens croient encore en Benoît Hamon, le candidat du PS. Ce qui signifie que pour la première fois depuis 1958, la gauche traditionnelle, reconnue sous l’appellation Parti socialiste, est donnée éliminée dans les sondages avant le scrutin. Sur les 11 scrutins présidentiels organisés depuis l’avènement de la 5e république, seuls deux (en 1969 et en 2002) ne laissaient pas trace du PS au second tour.

On peut donc d’ores-et-déjà parler de l’éclatement d’un grand parti d’influence, dont l’avenir est aujourd’hui mis entre parenthèse, et qui ne semble d’ailleurs même pas armé pour récupérer son dû aux législatives. Le sondage de la présidentielle en temps réel, réalisé par l’Ifop pour Paris Match, Fiducial, Cnews et Sud-Radio, apporte une tendance rafraîchie quotidiennement des quatre «cadors» en course. Qu’est-ce qu’il en ressort ? Tout d’abord, que le candidat d’En marche, Emmanuel Macron, gagne 0,5% pour atteindre 23,5% des intentions de vote au premier tour, mais que cette estimation est loin des 26% du 3 avril dernier. Ensuite, Jean-Luc Mélenchon voit sa cote enfin freinée après une progression constante depuis le 17 mars. Il perd 0,5% et se situe à 19% des intentions de vote. Le candidat de la France Insoumise reste néanmoins très proche de François Fillon, stable avec un demi-point de plus (19%) et qui peut compter sur une marge d’erreur a priori avantageuse. Et le candidat Les Républicains se voit toujours devancé par la candidate du Front National (FN) Marine Le Pen, qui conserve elle aussi une stabilité de ses intentions de vote au premier tour, avec 22,5%.

La représentante de l’extrême droite, en tête de la course il y a encore une dizaine de jours, semble être l’outsider le plus tenace. Si Macron et Le Pen semblent être dans un confort relatif, il ne faut pas sous-estimer la manne des électeurs indécis, qui pourraient bien faire basculer les résultats du scrutin, ce dimanche 23 avril. François Fillon a déjà réussi le coup de l’année en s’adjugeant avec une avance finalement monstre la primaire de la droite. Beaucoup sont tentés de penser qu’il peut encore surprendre, sauf que le « Penelope Gate » a sacrement terni son image d’homme intègre. C’est cette image qui l’a d’ailleurs servi lors de la primaire de droite. S’il passe en finale, il s’offrira alors un combat inédit, soit face à un candidat sans parti comme Macron, soit face à un ex-leader de l’extrême gauche qui n’a jamais atteint ce stade de la présidentielle. Et, au cas où il se qualifierait contre Marine Le Pen, certes le duel ne serait pas inédit puisque la droite version Chirac et le FN du père fondateur se sont déjà retrouvés face à face en 2002, mais l’inédit tiendrait quand même dans le fait que pour la première fois dans l’histoire, un présidentiable mis en examen aurait l’Elysée à portée de main.

 

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