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Paralysie ramadanesque 

Meriem Lyoussoufi, Fondatrice, Editorialiste

L’inaction ambiante qui règne en maître dans ce pays atteindra son paroxysme au cours du mois de Ramadan. Une fois encore, l’aiguille de l’horloge tourne au ralenti. L’heure est à l’inertie. Plus rien ne bouge. L’activité baisse de manière spectaculaire. Une paralysie quasi-généralisée. Tout le monde vit au rythme du jeûne, des traditions et des coutumes religieuses. Tout change. Même au boulot. On économise l’énergie. On démarre tardivement et doucement. On termine péniblement et rapidement. Les journées de travail sont fortement écourtées. Et pourtant d’étranges expressions se dessinent sur le visage d’un bon nombre de gens. Sourcils froncés, mâchoire crispée et regard inexpressif, ils deviennent furieux, déprimés et agressifs. Comme si les journées étaient interminables. En proie aux manques de toutes sortes, ils guettent le moindre geste ou le moindre signe d’hostilité – n’importe – pour piquer des crises de colère spectaculaires, voire parfois ébouriffantes. Ces gens-là, on en croise partout. On a, parfois, même affaire à eux au bureau. En attendant le coucher du soleil, ils se mettent en mode veille. Après le boulot, certains dorment, d’autres prient. Puis, il y a celles qui préparent la bouffe. Une ambiance particulière caractérise ce mois sacré. Un mois de prière, vous diront certains. De recueillement, aussi, préciseront d’autres. Mais en réalité, le mois de Ramadan est surtout le mois de l’inactivité par excellence. Ceux qui veulent la croissance, revenez plus tard. Après, c’est juin qui annonce l’été et le temps du repos estival. Puis, ça sera la rentée. Doucement, il ne faut surtout brusquer personne. Au Maroc, ceux qui n’ont rien à faire, on tout le temps pour ne pas le faire !  

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