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Mouna Dakkak ou l’art de belle race intuitif

Dans les œuvres de la plasticienne Mouna Dakkak, l’art, la psychologie et les divers états d’âme de l’être humain se prononcent comme un univers scénique qui s’est considérablement transcendé par une narration picturale éclatée, abstraite, expérimentable, mais saisissable. Ici, le silence se manifeste sous plusieurs formes, sous plusieurs aspects. Mais le silence du temps, tel que l’humain le vit, semble plus pesant pour la femme que pour l’homme. Ses toiles récentes mettent en exergue le propre de son art.

Mouna DakkakDe tout temps, tout ce qui est artistique est un medium thérapeutique naturel vers l’expression de soi de manière consciente ou inconsciente. L’artiste met un bout de son âme dans les œuvres qu’il crée ou capture. Il exprime ses angoisses, ses peurs, sa joie, ses songes…C’est pour cela que nous pouvons créer à titre individuel et bénéficier de l’effet thérapeutique de l’art. C’est ce que l’on retient aussi en contemplant les œuvres de l’artiste-peintre Mouna Dakkak. « Rasta love », «Clair de lune», «Le parrain esclave», «A la rencontre de soi», «la femme», «Martyr», «Et notre histoire?», «Hide your love», «Feel the world», «Gnaoui» ou encore «Voie lactée»… Ses travaux promènent notre regard entre des abstractions-figuratives exubérantes de couleurs et de poésie et une série dans les nuances où des corps à corps surgissent à peine pour indiquer les états d’âme de l’être humain dans la palette de cette jeune plasticienne visionnaire de par ses rythmes et ses perspectives.
La réflexion technique de Mouna Dakkak se métamorphose ainsi en méditation quasi-spirituelle. Qu’on le veuille ou non, bien qu’elle soit toujours dans la recherche et l’expérimentation, elle reste fidèle à son vocabulaire formel et chromatique au-delà de la finalité qu’elle lui assigne. L’espoir existe donc, en dépit de tout, au sein de la plus obscure des nuits. Comme le poète n’habite pas une terre mais une langue, Mouna, elle, n’habite pas le monde mais la peinture. C’est la seule mère-patrie dont personne ne peut l’expulser. La peinture est son territoire inaliénable, son paradis retrouvé.
Et au fil du temps, notre jeune artiste marocaine se crée un univers d’émotions matérialisées par des couleurs et des formes. Tout cela se bouscule sur la toile en voisinages inattendus, suscitant chez le spectateur la surprise et le questionnement. Le rapprochement est tantôt éloquent, tantôt obscur, jusqu’à ce que l’effort soit fait de se laisser inviter dans cet univers et de s’en imprégner.
Mouna DakkakLes grandes lignes de ces dialectiques de l’attraction des consciences permettent de concilier l’intention pour soi et le statut conféré par autrui. Ainsi, examiner les œuvres de Mouna Dakkak, de ce point de vue, nous permet d’apercevoir les conditions de production, de diffusion, de réception des œuvres de l’art abstrait dans ses états et d’y exercer un esprit critique.
Ses choix se font par impulsions : dès lors qu’une représentation lui plait assez pour l’inspirer, elle reste au plus près de ses formes, qu’elle veut souples, variées et irrégulières. Mais quand viennent les couleurs, sa liberté se débride. Ici, aucune règle et surtout pas de fonction descriptive ou narrative. Le chromatisme vif et contrasté de ses peintures ne dépend que des rapports des tons entre eux, selon les surfaces qu’ils animent, de manière totalement subjective.
D’où la fantaisie qui caractérise sa liberté d’expression, quasiment lyrique. La toile se construit sans idée préconçue. Il n’y a ni croquis ni schéma, elle résulte souvent de l’inspiration du moment. Une fois finie, elle y pose un regard aussi pénétrant que contemplatif. Elle est dans le plaisir de l’accouchement et elle s’émerveille de chaque nouveau bébé.

Sensibilité exquise

Dans l’univers pictural de l’artiste-peintre Mouna Dakkak, cette approche esthétique devient un rituel et un acte de représentation. C’est une approche critique de l’art contemporain, inséparable de la réalité et de son humanisme. De plus, elle les a transformées en sujets sur la toile, en réappropriant la surface de l’image. La lumière et la couleur y sont très importantes. Elles aident à attirer l’attention sur les profondeurs de l’histoire écrite sur ses tableaux et les silences qui les entourent. A vrai dire, elle aime le contraste entre la sensualité inversée, la lascivité de la posture et l’apparence de chacune de ses toiles. Aussi, les couleurs dominantes se marient aux multiples nuances des autres couleurs et créent des compositions aux multiples surfaces contrastées, avec une mise en lumière parfaite et maîtrisée. Le principal changement de rythme est dans la structuration même de l’espace.

Enfin, il faut dire que chez Mouna Dakkak, les capacités plastiques, son développement et son travail acharné l’ont mené à une nouvelle liberté d’expression de sensibilité exquise à une exécution de vigueur étonnante. On y trouve un art essentiellement de belle race intuitif, car la couleur travaillée dans ses plus infimes nuances procure un jeu d’éclat subtil, velouté et tactile. Chaque touche de couleurs s’inscrit dans le feu d’un arrangement mathématique où elle contribue à donner toute son intensité. Cette lumière diffuse délicate l’ensemble de la toile où chacune des couleurs répond à son autre dans et par un dialogue qui se tisse telle une trame savamment réfléchie ne laissant rien au hasard.

Ayoub Akil

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