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Mondial 2026 : Comment le Maroc s’est mis hors-jeu

Mondial 2026 Décidément, la candidature marocaine à l’organisation du Mondial 2026 commence à virer au cauchemar. Le Comité de Candidature, voyant la tournure des événements, n’a guère trouvé mieux que d’entrer en conflit avec la FIFA, l’instance dirigeante du foot mondial. Le Maroc a réclamé d’exclure des îles Samoa américaines, Guam, Porto Rico et des îles Vierges américaines du vote du 13 juin 2018. Une requête évidement rejetée par la FIFA qui estime que «les associations membres de la FIFA ont le droit de participer et de voter au Congrès de la FIFA».

Pire encore, en plus de voir les chances du Maroc se réduire comme une peau de chagrin, le Comité de Candidature ne cesse d’essuyer des revers qui risquent de mettre à mal plusieurs années d’efforts diplomatiques déployés par le Maroc auprès de plusieurs États africains. Après avoir tweeté que «cela serait dommage que les pays que nous soutenons en toutes circonstances fassent campagne contre la candidature américaine. Pourquoi soutiendrions-nous ces pays quand ils ne nous soutiennent pas (y compris à l’ONU)», le président américain Donald Trump a récidivé lors de sa rencontre début mai avec son homologue nigérian le général Ahmed Boukhari, en visite aux Etats-Unis. «J’espère que tous les pays africains et les pays à travers le monde soutiendront notre candidature avec le Canada et le Mexique», a-t-il dit avant d’ajouter : «Nous observerons avec beaucoup d’attention et nous apprécierons toute l’aide qu’ils peuvent nous apporter pour cette candidature». Une déclaration qui a aussitôt fait effet. Premier pays à basculer alors qu’il avait promis son soutien au Maroc, le géant du continent, l’Afrique du sud qui a déclaré réserver désormais son vote au trio américain.

Cette volte-face va à l’encontre du début de rapprochement entre Rabat et Pretoria, opéré en novembre 2017 lors du sommet 5e Sommet UA-UE. C’était un rapprochement plus que stratégique, car il permet au Maroc de casser l’axe Alger-Pretoria hostile à l’intégrité territoriale du Royaume. D’autres suivront comme le Nigéria qui après avoir été longtemps l’allié traditionnel de l’Algérie et qui s’est finalement réconcilié avec le Royaume. Les retrouvailles avec Abuja ont été couronnées par la signature de plusieurs accords de coopération comprenant un partenariat ambitieux signé en décembre 2016 sous forme d’un mégaprojet de gazoduc offshore entre l’ouest nigérian et le Maroc.

En plus de ne pas servir la candidature marocaine, l’attitude du comité, dirigé par Moulay Hafid Elalamy, place le Maroc dans une situation diplomatique plutôt inconfortable vis-à-vis de ses alliés et amis anciens et nouveaux. Les membres du comité auraient pu simplement tirer profil de cette candidature pour marquer des points auprès de l’Amérique de Trump, qui malgré son extravagance, reste un homme d’affaires pragmatique. Si on n’obtient pas l’organisation du Mondial 2026, on aurait pu au moins en tirer quelque de chose de positif et non se mettre à dos nos alliés.

Rachid Abbar

 

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