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Mohamed Yafi, le raffinement des formes et des couleurs

Artiste-peintre et sculpteur professionnel depuis bientôt 23 ans, et soucieux de se perfectionner, Mohamed Yafi propose un large panel d’œuvres dotées d’une pureté de forme, une stylisation, un raffinement des couleurs. De la sculpture sur pierre et terre, en passant par la peinture à huile, acrylique, ses travaux font corps avec la nature. Tout s’y passe comme s’il fallait conjurer un péril en évitant l’insistance d’un motif si familier et connoté. Du décor ou du sujet, pas de frontière. Tout élément s’imbrique dans l’autre, en une force d’engrenages parfaitement magnifiés.

Mohamed YafiLyrique, ce natif de Settat en 1974 est un abécédaire de couleurs, toutes plus éclatantes les unes que les autres dans leurs relations tonales, dans le vocabulaire des formes et des signes qui les redessinent, les emprisonnent ou les exposent. Ceci s’applique en fonction des stratégies mises en œuvre pour chaque tableau et du plus ou moins grand tressage des éléments en présence. Pointes d’abstraction suggestive constellent l’œuvre hors du champ commun. Cet artiste peintre à la démarche picturale originale accorde une haute importance à l’équilibre rythmique des couleurs. Cet équilibre manifeste son dynamisme d’exécution sur toile ou sur papier. Sur ses vastes toiles, Yafi crée des effets monochromes par le mouvement du pinceau, prolongement de son corps.

Et les lignes s’agencent selon une dynamique tout à fait personnelle et ô combien organique. Il marque ainsi son émotion attachée à la nature et la poéticité de l’univers dans une vibration et un enchevêtrement pluri-énergique de larges touches colorées. L’œuvre de notre peintre est constituée en très grande majorité de toiles recouvertes de fragments. Le temps intérieur ou l’émotion créatrice, et le temps extérieur ou la matérialisation de cette émotion dans l’œuvre de Yafi est rendu simultané par sa matière fluide, légère et transparente. Dans la spontanéité du geste créatif émerge un dialogue en filigrane entre le pinceau, la lumière et la forme et parfois le rendu dépasse tout horizon d’attente, car, sur la toile encore humide, la lumière réfléchie par les pigments traduit miraculeusement l’état d’âme du moment et l’émotion ressentie. Inspiré de la nature et la diversité de la vie, le travail de Yafi est caractérisé par une approche personnalisée. Très gestuel, il débute, sans idée préconçues, par des gestes très spontanés, c’est comme une exploration intuitive visant à traduire un monde intérieur qui est faite, à prime abord, sans souci de beauté rationnelle autre que la cohérence des formes et des couleurs. De cet élan créatif émergent des formes allusives, une atmosphère, bref, une composition. C’est d’ailleurs son terrain de jeu/enjeu depuis toujours.

  1. Mohamed YafiL’expérience de son propre univers, qui apparaît souvent avec soudaineté, manifeste authentiquement et originairement l’œuvre qui perce le temps pour voir et percevoir. Ce temps est intuitif et semble d’abord donné comme un vécu de conscience et inconscience mêlées. Ce temps se veut également auto-psychique et nous embarque dans l’univers des rêves et des rêveries d’une artiste au goût prononcé pour l’abstraction. Artiste-peintre mais également sculpteur chevronné, notre plasticien dessine tout ce qu’il voit et sculpte l’être humain et les objets à partir de modèles. Un art qui lui correspond parfaitement et qui révèle par les différentes étapes de créations une réflexion puissante sur le temps. Il fait surgir en œuvre la beauté de la création dans son atelier. Sa vision de la sculpture est une véritable aventure, une aventure dans laquelle l’imaginaire guide ses mains. Un voyage à travers les formes changeantes au fur et à mesure de ses créations. C’est un voyage où ce qui se crée est à la fois devant et à l’intérieur de soi. L’expérience de la taille directe intuitive permet de s’exprimer dans l’instant. C’est une forme d’écriture volumétrique. Notre sculpteur, lauréat de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca, privilégie les perspectives géométriques puisqu’elle taille la pierre pour attirer le creux pour le faire fluide et léger et créer des espaces volumineux dans un milieu. Il aime surprendre avec des formes parfois impossibles.

Ayoub Akil

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