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Meryem Alaoui signe un premier roman percutant

Meryem AlaouiLIVRE – Avec son premier roman « La vérité sort de la bouche d’un cheval », qui vient d’être publié chez Gallimard, la jeune marocaine, Meryem Alaoui entraîne ses lecteurs dans un tourbillon narratif parfaitement maîtrisé – et subtilement engagé. Ce roman inaugural d’une œuvre qui s’annonce prometteuse possède en effet les allures d’opus tellement il est maîtrisé. Il s’agit même d’un ouragan, comme son personnage principal, une jeune prostituée marocaine pleine d’intelligence et de ressources au caractère bien trempé. Elle se nomme Jmiaa, une fille de joie qui vit seule avec sa fille dans un petit appartement dans un quartier du centre de Casablanca. Deux matelas, une table en bois, une armoire, « on en a vite fait le tour». Pour Jmiaa, la vie suit son cours, entre les passes, les virées nocturnes bien arrosées avec son amoureux Chaïba, une brute épaisse et sans parole,  et ses copains, les palabres et soirées entre copines sur le canapé devant la télé…

Jmiaa nous raconte sa vie avec énergie comme elle nous parle aussi de son passé. Elle évoque son mari, un beau gars du bled, qu’elle a épousé parce qu’il fallait faire taire les mauvaises langues. Il n’est plus là, et Jmiaa est bien obligée de se débrouiller pour faire vivre sa fille. Il y a également sa mère, mais elle ne lui a rien dit de sa nouvelle vie à Casablanca. La vie suit son cours, avec ses hauts et ses bas, jusqu’au jour où débarque une certaine Chadlia, que Jmiaa, qui n’a jamais la langue dans sa poche pour décrire le monde qui l’entoure, surnomme aussitôt « Bouche de cheval ». Elle veut réaliser son premier film sur la vie de ce quartier de la capitale économique. Elle cherche une actrice. « La vérité sort de la bouche du cheval » est un roman palpitant qui dresse avec finesse mais sans concession un portrait du Maroc d’aujourd’hui. C’est une peinture haute en couleur de la vie quotidienne dans un Maroc populaire où chacun fait face aux difficultés à force de vitalité et de débrouillardise.

Rachid Abbar

 

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