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Mehdi Lougraïda : « La musique est un langage extraordinairement fédérateur» 

INTERVIEW – L’Orchestre Philharmonique du Maroc ouvre sa saison musicale avec les concerts “Religions à l’Unisson” sous la direction cette année du chef d’orchestre franco-marocain, Mehdi LougraïdaRencontre avec un artiste aux multiples talents, un maître de la baguette qui vit pour la musique et par la musique avec passion. 

Mehdi LougraïdaMarocainspartout : Les concerts « Religions à l’Unisson » de l’OPM apporte un message d’espoir d’un monde où les gens partagent des valeurs universelles qui les unissent peu importe leurs croyances. Comment vivez-vous cette aventure ?  

Mehdi Lougraïda : C’est une chance extraordinaire. La musique joue là pleinement son rôle de fédérer les différentes cultures. C’est un grand honneur pour moi d’être le vecteur de ce rassemblement à l’unisson.  

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre « Religions à l’Unisson » ?  

L’administration de l’OPM m’a confié le concert d’ouverture de la saison musicale. Le répertoire que nous allons aborder est d’une grande richesse poétique. Le romantisme allemand sait parler à l’âme et bouleverser nos sentiments. En cela, il tend à l’universalisme.  

Vous avez toujours voulu être chef d’orchestre ?  

J’ai commencé la musique à l’âge de trois ans. Mes parents souhaitaient que je suive une éducation musicale. J’ai commencé par la flûte traversière en école de musique, puis je suis rentré au conservatoire à rayonnement régional de Lyon et par la suite au CRR de Rueil-Malmaison. Mais cette passion pour la musique me vient aussi de mon grand-père maternel. Il était trompettiste et jouait souvent à l’opéra de Lyon. Lorsque j’avais 13 ans, il m’a inscrit à un stage de musique qui s’est avéré être un stage de direction d’orchestre. J’ai eu un véritable choc lorsque j’ai découvert ce métier : l’analyse du geste, la sculpture et l’harmonie des sons, l’immense étendue de l’interprétation, les émotions que l’on peut produire, la relation, le partage, la communication avec les musiciens qui s’établissent par un geste, un regard, un sourire…. J’ai voulu pousser cette réflexion et m’engager dans cet art. Je suis rentré à l’école normale de musique de Paris puis au conservatoire royal de Bruxelles en master de direction d’orchestre. J’ai étudié également avec de grands chefs comme Matthias Pintscher à l’académie de Lucerne en Suisse, puis avec Peter Eötvös à Budapest et à l’académie Jarvy en Estonie. 

Que représente pour vous la musique ?  

La musique est un langage extraordinaire qui permet à tout humain de se connecter aux autres instantanément. La puissance évocatrice des sons et des couleurs harmoniques transcende notre quotidien. J’aime ressentir cette vibration et pouvoir l’exploiter pour la redonner. 

Parlez-nous un peu de Mehdi Lougraïda ? On veut tout savoir…  

J’ai 33 ans et je vis à Paris. Je suis franco-marocain et j’ai eu la chance de baigner dans deux cultures depuis mon enfance. J’aime le sport, je suis très sensible à la danse et aux œuvres d’art. J’aime beaucoup voyager et me retrouver dans des lieux inhabités qui me permettent de me ressourcer.  

Quels sont aujourd’hui vos projets ?  

Actuellement, je suis chef assistant de l’Ensemble Inter-contemporain et de Matthias Pintscher à la Philharmonie de Paris. Cet ensemble, spécialisé dans la musique contemporaine, a été fondé par le grand Pierre Boulez. Je suis également chef de musique adjoint à la Musique de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris et chef invité dans plusieurs formations. En novembre, je dirigerai l’Ensemble Intercontemporain en tant que chef invité au Carreau du Temple à Paris sur un programme polonais de musique contemporaine. En mars 2019, je serai avec l’orchestre symphonique Région Centre Val de Tours à l’opéra de Tours et en région pour un programme consacré à Mozart et Dvorak. Puis, je dirigerai une dizaine de concerts en France avec l’orchestre de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. En 2019, nous allons lancer l’ensemble Cobalt, regroupant musiciens, chanteurs, danseurs, chorégraphes et compositeurs dans une forme à géométrie variable allant de la musique de chambre à l’orchestre dans un répertoire contemporain. Plusieurs projets vont voir le jour pour la saison prochaine. 

Propos recueillis par Rachid Abbar 

 

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