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Machisme, un mal ordinaire ?

Meriem Lyoussoufi, Directrice Générale.

Le combat pour l’égalité des femmes est un combat de tous les jours, pas seulement celui du 8 mars. En Europe, et plus particulièrement en France, les femmes ne peuvent baisser la garde un seul jour de l’année sous peine de perdre le bénéfice de combats âprement menés depuis qu’elles ont acquis le droit de vote, en 1944. Chez nous, c’est une autre paire de manches. Il est vrai que la femme marocaine a relevé de grands défis. Elle a imposé son indépendance, sa liberté. Personne ne peut le nier. Que ce soit dans l’industrie, la construction, le commerce, les services ou encore le tourisme, on retrouve des femmes au premier rang jouant les rôles principaux. Il est vrai aussi que, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, la condition de la femme s’est nettement améliorée à coups de réformes. Mais la réalité n’est pas aussi reluisante qu’elle n’y paraît. Notre société baigne dans le machisme comme un poisson dans l’eau. La misogynie est si répandue qu’elle touche aussi les adolescents et même les élèves. Elle s’exprime de façon violente, en particulier via Internet. Et le pire c’est que cela ne choque personne. Il a y quelques jours, mes oreilles furent agressées par la publicité d’une émission de radio privée aux relents des années 1950. On en est encore là. Chez nous, la femme est jusqu’aujourd’hui renvoyée à la sphère domestique, c’est à dire à la vie familiale, l’entretien de la maison et la cuisine. Elle est destinée à être une «bonne maman» servant son «bon mari» qui, une fois de retour au bercail après une soirée entre potes, doit trouver la maison impec’ et le dîner servi avec le sourire. Ce genre de message prospère partout, y compris sur les bancs de l’école. Le machisme, c’est un mal bien enraciné dans notre société. Il faut l’extirper. Pour y arriver, on doit impérativement éduquer nos enfants sur les vraies valeurs de l’égalité des sexes si on veut que notre pays avance dans le bon sens.  Et c’est à nous les femmes qu’il revient de changer ses mentalités. Comme l’a si bien dit Simone de Beauvoir : «On ne naît pas femme, on le devient».

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