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L’usine Renault Maroc cale au démarrage  

INDUSTRIE AUTOMOBILE – Avec des exportations en chute de 40% au premier semestre et une demande mondiale très volatile, Renault Maroc tente d’appréhender la crise. Malgré une réorganisation de sa production et le lancement de nouveaux modèles, le géant national avance à vue.  

Renault MarocAu point mort pendant plusieurs semaines à cause des effets de la pandémie de coronavirus, l’industrie automobile au Maroc espère bientôt retrouver sa vitesse de croisière. Entre réorganisation du rythme de production et observation des tendances de consommation internationales pour anticiper la reprise, l’incertitude domine. «Ce qui caractérise cette année, c’est que nous avons tous de plus en plus de mal à prévoir», prévient Marc Nassif, directeur général de Renault Maroc. Sur le premier semestre, le groupe a fortement pâti de la crise avec la fermeture de ses deux usines de Casablanca et Tanger, de mi-mars à fin avril. «Notre marché a fortement dévissé. Nos exportations ont été fortement affectées également, de l’ordre de 40% sur le premier semestre de l’année», souligne le directeur général. Marc Nassif annonce, sans donner de chiffres, que si la situation commerciale en termes de volume s’est améliorée sur le second semestre de l’année, la volatilité demeure forte. 

«La donne s’est améliorée depuis, sur le niveau commercial également avec des volumes plus raisonnables. Cependant la situation reste très volatile. D’un mois à l’autre nous avons beaucoup de mal à prévoir le comportement de nos marchés. Nos industries étant des paquebots, on ne freine pas à la dernière minute, donc il nous a fallu effectuer des ajustements». Le groupe est en effet passé au trois-huit sur ses deux sites de production de manière à assurer le maximum de flexibilité. «Nous faisons du start and stop au niveau de la demande. C’est une situation qui n’est pas confortable, mais cela nous permet d’assurer une stabilité auprès de nos équipes. Nous n’avons pas le choix», explique le DG de Renault Maroc.

Au-delà de la complexité de la gestion interne, l’incertitude vient également de la demande internationale. Assurant à l’export 90% de sa production, le groupe en est largement dépendant. Et dans ses marchés porteurs, les incertitudes demeurent aussi. «Nous reprenons de manière plus enthousiaste mais il faut observer les impacts des reconfinements dans différents pays. C’est très difficile de planifier tout ça. Il nous faut énormément de flexibilité. Mais il est certain que nous n’allons pas rattraper le terrain perdu. Le second semestre sera naturellement meilleur que le premier. Sur 2021, nous serons encore en reconquête de volume. Ce process prendra du temps, car il faut aussi prendre en compte le fait que les habitudes de consommation ont évolué», explique Marc Nassif, affirmant que le reconfinement en France s’était fait ressentir sur la demande de véhicules. 

«Mais nous avons la chance d’avoir un carnet de commande qui permet d’amortir le choc», rassure-t-il. Cette demande incertaine de la part des partenaires étrangers a d’ailleurs déjà eu un effet sur la politique globale du groupe qui a décidé de réduire sa capacité de production à l’échelle mondiale. D’où la suspension du projet d’extension de l’usine Somaca«Renault a annoncé un recadrage mondial de ses capacités, de 4 à 3,3 millions de véhicules et la suspension de deux projets d’expansion dont un en Roumanie à Pitesti et l’autre de la SOMACA. L’usine de Casablanca est déjà à plus de 100 000 véhicules de capacité. Ce qui nous dira si l’on va au-delà ou pas c’est ce qui se passera non pas dans les mois qui viennent, mais dans les années qui viennent concernant la reprise commerciale mondiale. Si l’on a des bonnes surprises dans les années à venir, on rouvrira le sujet, mais aujourd’hui nous n’allons pas investir alors que le demande n’est pas là, ce ne serait pas raisonnable» poursuit le DG de Renault Maroc. Pour lui, la reconquête sera longue et 2021 ne marquera pas le retour aux volumes connus sur la période 2018-2019 mais plutôt une observation du comportement des marchés. Le groupe Renault ayant annoncé 15.000 suppressions de postes dans le monde d’ici 2024, la branche marocaine est-elle concernée ? 

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