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Le «Chuchotement du silence» de Loubaba Laalej s’invite au SIEL

Lors de la 29e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL 2024), Loubaba Laalej a présenté son livre «Chuchotement du silence» à la galerie de la Ligue à Rabat. Ce livre, préfacé par Aziz Stouli et Ahmed Bachnou, examine en profondeur le thème du silence et de ses murmures, éléments clés de l’œuvre de cette talentueuse écrivaine et artiste peintre. À travers ses écrits et ses œuvres picturales, l’auteure plonge dans la subtilité et l’intensité des silences pour proposer une réflexion poétique et artistique sur ce concept évocateur.

Loubaba LaalejAinsi, lors de cette présentation, Loubaba Laalej a partagé avec le public son processus de création, révélant les différentes étapes qui l’ont conduite à donner vie à «Chuchotement du silence». Ses toiles, imprégnées de cette atmosphère feutrée et envoûtante, ont également été mises en avant pour illustrer visuellement les notions explorées dans son livre. Les invités ont eu l’occasion d’admirer dans cet ouvrage une vingtaine de tableaux représentant le silence sous ses aspects les plus intimes et profonds. D’un autre côté, l’auteure aborde avec finesse le silence qui engendre, celui qui laisse place à l’imagination et à la création. Ce silence fertile est un terreau propice à la germination des idées et des inspirations, une toile blanche où l’artiste peut donner naissance à de nouvelles formes et à de nouveaux récits. «Le silence est multiple et ses résonances diverses. Dans l’horreur du viol, il coupe le souffle, hérisse les poils et donne froid au dos. Le silence violent est crime, il peut tuer sur place. Les chasseurs sont prêts à bondir sur leur proie. Elle court, se faufile, se cache et fait les sauts de l’angoisse. Le silence tue par l’impureté du silence, des bruits pervers s’y sont glissés!», a souligné Loubaba Laalej lors de cette rencontre.
En effet, l’écrivaine explore de manière sensible le silence des personnes autistes et des sourds, mettant en lumière les obstacles et les incompréhensions auxquels ils peuvent être confrontés dans une société souvent centrée sur la parole. Elle nous invite à considérer ce silence non pas comme une absence de communication, mais comme une forme alternative d’expression riche en nuances et en subtilités. «Le silence de l’autiste enferme et isole. Il ne peut communiquer, il vit l’impossible et le repli. Il ressemble à une violence faite à soi. Elle éloigne de l’agitation du monde. L’autiste reste dans l’infini de son gouffre intérieur», a-t-elle poursuivi.
A travers ses poèmes et ses réflexions, l’auteure nous rappelle que le silence n’est pas nécessairement vide de sens, mais qu’il peut au contraire être porteur de multiples possibilités. Il peut être un espace de libération, d’écoute profonde et d’introspection qui permet de se reconnecter à soi-même et au monde qui nous entoure. Le silence, loin d’être un vide à combler, est une source inépuisable de compréhension et de connexion avec notre essence la plus profonde.
Intervenant lors de cette rencontre, l’écrivain et professeur chercheur Aziz Stouli a considéré que l’auteure exalte et démultiplie intelligemment le silence. «Le silence ici est multiple. « Silence de la plénitude », « Silence qui fait naître », « Silence [qui] voile ses obscurités », «Silence de l’autiste » ou encore « Silence du sourd ». Elle fructifie ainsi par-là, la matière et offre une richesse nouvelle permettant d’identifier la spécificité de chaque genre de silence. Une fantastique esquisse typologique. De quoi nourrir toutes pensées qui aspirent aux belles douceurs des poèmes, en l’occurrence la substance du silence», a-t-il indiqué.
Ainsi, la plume de Loubaba Laalej célèbre la richesse du silence, sa capacité à transcender les mots et à toucher l’essence même de notre humanité. Ses écrits nous rappellent que dans le tumulte du monde moderne, prendre le temps de se taire et d’écouter peut être une véritable source d’inspiration et de transformation. Or, chez Loubaba Laalej, selon l’écrivain et professeur chercheur Ahmed Bachnou, c’est aussi un prolongement de la parole, une source d’inspiration et un moment d’écoute. «Le silence, à travers « Chuchotement du silence », entretient un rapport étroit avec l’extériorité. Pour considérer le silence, il faut déjouer les paradoxes initiaux : les mots prennent appui sur le silence pour donner à penser. Le silence accorde une place privilégiée aux récepteurs du recueil par les lecteurs. La possibilité d’évasion, de vagabondage de la pensée, est laissée ouverte. La question de l’écrivaine n’est plus comment dire, mais comment taire. Le lecteur est censé combler  »les vides » du texte et prolonger la pensée que la poétesse a initiée», a-t-il noté.
Enfin, la présentation du livre «Chuchotement du silence» lors du SIEL 2024 a été un moment privilégié, alliant littérature, art et introspection. Loubaba Laalej a su captiver son public en analysant avec élégance les mystères du silence, nous invitant à ralentir, à écouter attentivement et à nous laisser imprégner par la magie des non-dits et des non-verbaux.

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