Cinéma

L’actrice Raouia séduit Carthage

L’actrice Raouia séduit Carthage
  • Marocains partout
  • 07 Novembre 2016 - 10:44
  • MAP

L’actrice marocaine Raouia, Fatima Harrandi de son vrai nom, a été sacrée « meilleur rôle féminin » dans la catégorie « Première œuvre » des Journées cinématographiques de Carthage (JCC 2016), qui ont pris fin samedi soir à Tunis. Raouia, une pionnière du cinéma national, campait l’un des premiers rôles dans le film « A mile in my shoes » de Said Khallaf, aux côtés d’Amine Ennaji et Noufissa Benchehida.  Née à Azemmour, cette valeur sûre du grand écran marocain n’a pas démérité, puisqu’elle a réussi à se faire une place à la fois dans des films d’humour comme dans des œuvres dramatiques. Se distinguant par son pouvoir à camper, mais aussi à réussir différents rôles, «Raouia» a fait sa première apparition publique dans le film « Les trésors de l’Atlas ». Puis elle a joué dans le long-métrage « Du paradis à l’enfer » » et « L’histoire d’une rose » et « Soif ».

Après avoir remporté plusieurs prix durant sa carrière d’actrice, elle a aussi convaincu les cinéastes et réalisateurs de la nouvelle génération. Elle s’est ainsi démarquée par son talent dans des films comme « Saga », « Pillow of secrets », « Rock the Casbah », « Les yeux secs », « Wake up Morocco », « L’amante du Rif », « Casanegra », « Zéro », « Andromane », « Karian Bollywood », « Formatage », « Au bout de l’espoir », ou encore « La cité des hiboux ». Plusieurs producteurs et réalisateurs internationaux ont été attirés par son jeu et son expressivité, dont le très célèbre Claude Lelouche dans « Mesdames et Messieurs » et « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois où elle a donné la réplique à l’acteur français Lambert Wilson, «Les djins » de Hugues Martin, « Le physicien », « La tente rouge » et « Aladdin », sans oublier son amour d’antan: le théâtre auquel elle voue une grande passion.

« A mile in my shoes » raconte l’histoire d’un enfant qui a toujours vécu dans la misère et la souffrance avant de décider de se venger d’une société où la faiblesse de l’individu conduit à sa marginalisation. Il s’appelle Saïd. Depuis son plus jeune âge, il a vu des souffrances de toutes les couleurs : dans la famille, c’est son beau-père qui l’agresse comme il agresse sa maman et sa sœur. Dans la rue, ce sont les voyous qui veulent abuser de lui sexuellement et profiter de lui pour qu’il leur rapporte de l’argent. Apprenti chez des artisans, Saïd a été victime d’une tentative de viol de la part de ses employeurs. A la prison aussi, Saïd n’échappe pas à cette malchance qui le poursuit partout. Le point marquant dans son histoire, c’est qu’il s’est toujours trouvé dans des situations de défense, à la recherche d’une reconnaissance aussi infime soit-elle de la part des autres, à la recherche d’un sentiment de sécurité au sein de la société. Tout cela a généré en lui une certaine violence, et une terrible envie de vengeance. «Avant de porter un jugement sur ma personne, sur ma vie ou sur mon caractère, mettez mes chaussures, parcourez mon chemin, vivez mon chagrin et mes doutes…». En traduisant cette citation en anglais, cela donnera à peu près le titre de cette œuvre de Saïd Khallaf : «A mile in my shoes».

 

 

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