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La voix de l’extrême inquiète l’Espagne

l’EspagneL’Espagne cessé d’être l’un des rares pays réfractaires à l’extrême droite en Europe. Avec Vox, l’Espagne subit elle aussi le tsunami qui frappe le continent européen. Seuls l’Irlande et le Portugal échappent pour l’instant à cette montée du populisme nationaliste d’extrême droite. Alors que notre Constitution vient d’avoir 40 ans, un parti ultranationaliste, centraliste, eurosceptique et anti-immigration a obtenu 12 sièges [et 11 % des voix] au Parlement de la région autonome la plus peuplée d’Espagne, bastion traditionnel des socialistes, l’Andalousie”, s’inquiète “El Independiente”, un journal électronique espagnol. « C’est la première fois qu’une formation d’extrême droite est représentée dans un parlement régional en Espagne, dans le sillage d’autres partis européens, tels le Rassemblement national de Marine Le Pen ou encore la Ligue de Matteo Salvini« , renchérit la publication créée en septembre 2016 par Casimiro García-Abadillo, ancien directeur du quotidien conservateur El Mundo. Même si les politologues soulignent le contexte local de ce résultat : une démobilisation de la gauche au pouvoir depuis 36 ans dans cette région, avec le récent procès pour corruption de deux de ses ex présidents et une fragmentation de la droite. La récente polémique autour de l’exhumation de Franco pourrait aussi avoir jouer selon certains, ainsi qu’une campagne très agressive sur les réseaux sociaux autour du slogan : « Tu fais partie de Vox et tu ne le sais pas encore ». Inspiré par Marine Le Pen et Donald Trump Les médias ont commencé à parler de cette formation national-catholique recentralisatrice quand elle a réussi à remplir une salle de 9 000 places à Madrid en octobre dernier, présentant « 100 mesures pour une Espagne vive ». Les sondages lui prédisaient tout au plus 6 ou 7 sièges, certains mettaient même en doute la capacité du parti à faire élire un député au Parlement andalou. Le résultat est sans appel pour ce parti qui n’existait pas dans le débat politique espagnol il y a encore deux mois. Vox est arrivé à ses fins en déroulant un discours anti-immigration, hostile à l’avortement et au féminisme, violemment opposé à l’indépendantisme catalan qu’il taxe de putschiste et qu’il combat jusque dans les tribunaux. Autres arguments de campagne récurrents à destination de la région la plus peuplée d’Espagne, frappée par le chômage et principale porte d’entrée de l’immigration en Europe : la fin de l’autonomie des régions au nom des économies budgétaires et de la défense de l’unité de l’Espagne et l’abolition de la loi contre la violence machiste. Xénophobe, Vox puise ses inspirations chez Marine Le Pen, qui n’a pas manqué de le féliciter sur Twitter, et chez Donald Trump. L’Espagne doit être d’après son slogan « grande à nouveau ». 

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