Khalid Hamdani : «Je veux rendre au Maroc un peu de ce qu’il m’a donné»

  • Marocains partout
  • 06 Août 2017 - 10:50

Ancien chercheur au CNRS enseignant à la Sorbonne, Khalid Hamdani a créé à Paris son propre cabinet de ressources humaines spécialisé dans la RSO (responsabilité sociale des organisations), la prévention des discriminations dans le management et l’éthique appliquée. Rencontre avec un homme qui a pris le temps de s’écouter et de s’interroger sur le sens qu’il souhaitait donner à sa vie.

Marocainspartout : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Khalid Hamdani : J’ai grandi à Rabat dans un milieu familial intellectuel dans lequel le débat d’idées faisait partie du quotidien. J’ai fait toutes mes études dans la ville blanche, du jardin d’enfant à la licence en droit (option sciences économiques) en passant par le baccalauréat, délivré par l’académie de Bordeaux. Je fais partie de cette génération qui a passé le certificat d’études et j’ai coutume de dire que c’est le diplôme le plus difficile à obtenir, celui auquel je tiens le plus. Il est vrai qu’en CM2 nous maitrisions la grammaire et la conjugaison, l’orthographe et la poésie, l’histoire et la géographie, le calcul et le raisonnement logique ainsi que la morale et le civisme. Doté de ce viatique nous pouvions surmonter tous les obstacles. Dans ces années 1970, j’ai eu la chance de beaucoup voyager, lors des vacances d’été, principalement dans les pays d’Europe du nord. Après avoir obtenu ma licence, je souhaitais servir mon pays et rejoindre le corps diplomatique. La marche verte n’était pas loin et nous étions très attachés à la défense de l’intégrité territoriale de notre cher royaume. Le destin en a voulu autrement et je suis parti à Paris pour poursuivre des études supérieures qui m’ont conduit à devenir chercheur au CNRS et chargé de cours à la Sorbonne avant de créer un cabinet de ressources humaines, domaine dans lequel j’exerce encore aujourd’hui. Je sillonne la France depuis plus de 33 ans pour dispenser mes prestations de conseil ou de formation et cela m’a conféré une connaissance intime presque charnelle de ce pays. Cependant, ayant passé les 22 premières années de ma vie au Maroc je reste profondément marocain. J’ai eu la chance de connaitre les différentes régions du royaume et les cultures qui le composent ; il me revient en mémoire une belle phrase que feu mon père avait coutume de dire : « le Maroc est un tapis aux mille couleurs mais sa trame est unique ».  Enfin, je suis marié et père de deux enfants un garçon et une fille qui vivent comme moi à Paris. Je suis également membre du CESE.

Présentez-nous l’Institut Ethique et Diversité que vous dirigez ? 

L’Institut Ethique et Diversité est une entreprise spécialisée dans trois domaines : la RSO (responsabilité sociale des organisations), la prévention des discriminations dans le management et l’éthique appliquée. Nous dispensons des prestations d’audit, de conseil et de formation. Nos clients sont soit des grandes entreprises soit des administrations ou des établissements publics. Nous intervenons dans toute la France. L’IED a des partenariats avec d’autres structures dont des écoles de management et anime un réseau de consultants. Pour ma part, je donne aussi des conférences sur des questions de société et chaque fois que je le peux sur le Maroc et les perspectives qu’il offre.

Comment est née cette aventure ? 

J’ai créé l’IED car j’avais remarqué, il y a plus de 20 ans, qu’en France le recrutement et le management des ressources humaines, comparés à ce qui se fait dans les pays anglo-saxons, sont marqués par des mécanismes systémiques de discrimination. J’ai décidé de me spécialiser dans les domaines liés au management car j’ai eu l’intuition que ces sujets allaient devenir d’actualité. En 1995, c’était novateur, voire pionnier, mais il n’y a pas de quoi être fier car sur le terrain de la lutte contre les discriminations la France était en retard par rapport au Royaume-Uni par exemple.

Croyez-vous qu’en France, il y a encore des discriminations à l’embauche ?

Bien entendu il y a des discriminations à l’embauche mais aussi dans le déroulement de carrière en France comme dans bien d’autres pays. La lutte contre les discriminations commence par une volonté politique affichée et portée au plus haut niveau et par un système de répression et de médiatisation des sanctions sur le modèle de la répression de la délinquance. Il faut également que tout le monde soit formé et informé sur le fait que toute discrimination est un acte illégal et ainsi passible de sanctions civiles ou pénales. Ce travail incombe aux pouvoirs publics et il est plus ou moins bien fait selon les pays. A notre échelle d’acteurs privés nous formons des équipes et construisons avec eux des outils adaptés à leur entreprise ou à leur organisation.

Racontez-nous un peu votre quotidien ? 

Il est assez banal si ce n’est que je me déplace beaucoup en moyenne deux villes par semaines. Sinon j’ai aménagé un bureau dans notre appartement. Le plus agréable dans ma vie quotidienne tient au fait que mon épouse et moi aimons la bonne cuisine et vivons de manière plutôt hédoniste.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Je dois ce que je suis aux 22 premières années de ma vie passées au Maroc et j’aimerai rendre à mon pays un peu, lui qui m’a tant donné. Je souhaite servir le royaume soit à Paris, dans le cadre d’actions dites de type soft power et j’ai une idée précise dont je vous ferai état si elle se concrétise au Maroc dans un cadre associatif. J’ai aussi le projet, à plus long terme, de préparer ma retraite active entre mes deux pays.

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