Rencontre

Jawad al-Kharaz : « On veut stimuler l’innovation en matière d’eau»

Jawad al-Kharaz : « On veut stimuler l’innovation en matière d’eau»
  • Marocains partout
  • 26 Janvier 2017 - 10:30
  • Abderrahim Bourkia

Interview – Directeur au MEDRC Water Research, à Oman, Jawad al-Kharaz, mène des recherches afin d’agir face à la rareté de l’eau devenu aujourd’hui un défi pour l’humanité entière. Rencontre avec un homme qui met tout son cœur pour changer le monde.  

 Marocainspartout : Parlez-nous un peu de vous ?

Jawad al-Kharaz : Je suis directeur des recherches au Centre de recherche de Dessalement Moyen-Orient, basé à Muscat, la capitale omanaise. J’occupe ce poste depuis Octobre 2015 après avoir passé près de 12 ans en tant que directeur en charge des projets et des données dans une autre organisation internationale basée à Nice à l’université Sofia Antipolis. Il s’agit d’un système d’information euro-méditerranéen des connaissances dans le domaine de l’eau. Et avant cela j’étais chercheur à l’Université de Valence où j’ai obtenu un master et doctorat dans l’espace.

En quoi consiste votre travail exactement ?

 Mon emploi actuel en tant que directeur de la recherche comprend le lancement de programmes de recherche au niveau du Sultanat d’Oman, le Moyen-Orient mais aussi l’Afrique du Nord dans les domaines liés à dessaler et à transformer l’eau. On s’occupe également de la gestion des projets d’eau en partenariat avec d’autres institutions dans le Sultanat d’Oman et à l’étranger. Ainsi que la collaboration dans un réseau local et régional de chercheurs dans la configuration de domaine. Nous facilitons le transfert de connaissances et d’expériences afin de stimuler l’innovation et l’utilisation de technologies propres. Ceci afin de contribuer à la réduction du coût du dessalement en diminuant ainsi l’impact environnemental. L’enjeu global étant bien entendu de réduire la pollution. Mon travail consiste à élaborer de programmes et de recommandations pour les décideurs et les travailleurs du secteur et des partenariats du secteur public et privée, les chercheurs ou encore les donateurs.

La rareté de l’eau est-elle une simple donnée hydrologique ?

Le problème de la rareté de l’eau hante l’humanité dans son ensemble et en particulier dans la région du Moyen-Orient, où il y a de maigres ressources en eau renouvelables. Les eaux souterraines sont épuisées en raison de l’épuisement et de la pollution. Ceci est aggravée par l’impact du changement climatique sur les ressources en eau et des années de sécheresse et des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes comme les des inondations. Il a le problème de la salinisation de l’eau due à l’intrusion d’eau de mer et de l’appauvrissement des sols en raison de mauvaises pratiques agricoles… Bien sûr il y a une série d’actions et de mesures à prendre pour faire face à ce grand défi de la pénurie d’eau. En règle générale, la demande en eau augmente d’année en une année en raison de la croissance démographique, économique et urbaine. Et grâce à la rationalisation de l’utilisation de l’eau privée dans le secteur agricole, on peut améliorer les méthodes d’irrigation et d’accroître l’efficacité de l’utilisation de l’eau. On peut ainsi améliorer la gouvernance du secteur au niveau national et local en adoptant une gestion rationnelle des ressources en eau intégrée suivant une approche participative et en impliquant tous les acteurs et décideurs afin que les agriculteurs, les consommateurs et les politiques de tarification de l’eau encouragent l’approche d’économie d’eau. D’autre part, on doit augmenter l’approvisionnement en eau grâce à l’utilisation du dessalement, à la fois le dessalement d’eau de mer ou d’eau saumâtre et le traitement des eaux usées.

Avoir un poste de responsabilité dans une entité réputée n’est pas facile. Comment y êtes parvenu ?

 Personnellement, je n’y vois rien d’exceptionnelle. Au cours de ma carrière, j’ai réussi à obtenir un diplôme en gouvernance d’entreprise et les stratégies de schéma de l’European Business School à Sophia Antipolis, et cela m’a énormément aidé dans la gestion et l’évaluation des projets.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Mes futurs projets sont nombreux, je travaille à court terme sur la gestion d’un programme de recherche sur cinq ans pour stimuler l’innovation dans le domaine des technologies de l’eau avec à la fin un prix pour la meilleure innovation afin de l’accompagner jusqu’à son adoption sur le marché. J’aimerai bien aider mon pays le Maroc à travers l’expérience accumulée et aussi faire profiter mes compatriotes à l’intérieur et à l’extérieur du pays, surtout à travers ce que je fais aussi dans les activités parallèles en tant que secrétaire général de l’Association du monde arabe pour les jeunes scientifiques.

Propos recueillis par Abderrahim Bourkia

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