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Industriellement fragile

Meriem Lyoussoufi
Meriem Lyoussoufi, Fondatrice, Editorialiste

Pas de rhétorique ni de chiffres. Les faits sont là. Nul besoin d’argumentation accompagnée de statistiques croustillantes. Le Maroc aujourd’hui est une bonne affaire. Une entreprise bien gérée. De mégaprojets et de grands programmes d’infrastructures (ports, autoroutes, énergie renouvelable…) ont vu le jour pour une parfaite mise à jour des plateformes nécessaires à l’industrialisation. Y investir, c’est donc une approche rationnelle fondée sur l’intérêt bien compris. Depuis des lustres, le Maroc s’était habitué au déclin de son minuscule tissu industriel et à la longue litanie des fermetures de sites. Ces dernières années, l’industrie marocaine recrée des plateformes sur tout le territoire. Ou presque. Mais passons. Tanger est aujourd’hui en passe de devenir le petit «Detroit» de l’Afrique. Avec ses zones franches, Casablanca renaît de ses cendres. La ville Kénitra, elle, s’apprête avec l’ouverture très prochainement de l’usine PSA Peugeot-Citroën, à vivre sa petite «révolution industrielle». Cette dynamique est boostée par les grands groupes internationaux qui voient le pays comme le nouvel eldorado de la sous-traitance. Tout ça est beau, mais entre temps, nous, on continue d’importer tout et n’importe quoi. Et il suffit de la moindre concurrence «déloyale», nous assure-t-on toujours, pour que l’équilibre de tout un secteur industriel soit ébranlé. Après le papier, la céramique, c’est au tour de l’industrie de l’habillement de bénéficier d’une mesure de protectionniste pour ne pas s’effilocher. Quoi qu’il en soit, il faudra aujourd’hui repenser notre manière de voir et d’agir. La démarche actuelle n’est pas mauvaise, mais elle n’est pas bonne non plus. On peut, en aucun cas, baser l’économie d’un pays sur la sous-traitance aussi importante soit-elle. Car, en fin de compte, qu’on produise des simples chemises ou qu’on fabrique des moteurs hypersophistiqués, notre croissance dépendra toujours de celle de grandes multinationales qui externalisent leur production chez nous. Pour pouvoir dire qu’on est un pays en phase d’industrialisation, il faut qu’on soit capable de créer des marques et des expériences remarquables. Des produits qui séduisent sous d’autres cieux.
 

 

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