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Ilham Errahouti, la peintre qui sublime toutes les formes de féminités

Coloré, courbé, texturé, léger, amusant, spontané, ludique, coquin… L’univers pictural de l’artiste-peintre Ilham Errahouti est une recherche perpétuelle de la féminité. Dans ses travaux figuratifs à souhait, la jeune plasticienne, native de Taounate, tente ardemment, à travers des portraits de la beauté féminine à l’état brut, de repenser la question du féminisme, ainsi que les notions identitaires autour du genre. Ces portraits lui permettent de personnifier une émotion ou une histoire, mettre un visage sur un ressenti, nostalgique, gai, triste ou révolté. Et même en déshabillant parfois ces corps de femmes, elle les habille de couleurs et de matières.

Ilham Errahouti
Ilham Errahouti, une artiste aux œuvres colorées. (DR) Photo Marocainspartout

C’est nettement perceptible dans ses œuvres : la condition de la femme dans tous ses états est le cheval de bataille de la plasticienne Ilham Errahouti. Pour elle, la femme est l’objet suprême du sacrifice patriarcal. Elle est aussi le corps sacré, souillé, transgressant les frontières de genre dans la façon dont il met en scène et incarne l’histoire. L’utilisation de la femme et quelques fois de son corps comme moyen d’expression participe à la critique des idées dominantes sur la femme en général et d’une redécouverte de soi, de l’art et des autres. Sur le visage de ses silhouettes féminines, Ilham essaie d’inscrire des propositions à la fois personnelles et collectives, conformes aux expériences vécues, dans leurs innombrables représentations. Et l’on peut avancer que son travail fait preuve d’une conception faite d’exigence et d’honnêteté foncière, mais aussi d’instinct immédiat, de rêve, de poésie et de fantaisie. Ces aspects s’harmonisent pour s’incarner littéralement dans la matière, le pigment, le trait et la lumière. D’autant plus qu’il s’agit d’une artiste talentueuse et inspirée, et d’une figure éprise d’art et de liberté. Une artiste qui a retrouvé ses premières amours : la peinture, après plusieurs années investies dans des études qui ont abouti à deux licences professionnelles en audit et contrôle de gestion et en banque assurance doublées d’un Master de recherche en management organisationnel et stratégique. Ajouter à cela des classes préparatoires au Brevet de Technicien Supérieur (BTS) comptabilité et gestion.

Ilham Errahouti
Les tableaux d’Ilham Errahouti sont d’une beauté remarquable. Photo Marocainspartout (DR)

Aujourd’hui, la peinture, ce rêve qu’elle fredonne depuis sa tendre enfance est enfin pur et nu devant ses yeux, depuis quelques années déjà. Et depuis, elle s’y investit corps et âme, par tous ses sens. D’où la fantaisie qui caractérise sa liberté d’expression, quasiment lyrique. Techniquement, chez elle, la toile se construit sans idée préconçue. Il n’y a ni croquis ni schéma, elle résulte de l’inspiration du moment. Une fois finie, elle y pose un regard aussi pénétrant que contemplatif. Elle est dans le plaisir de l’accouchement et elle s’émerveille de chaque nouveau bébé. Elle observe et elle retranscrit. Souvent en gros plan pour mieux voir. Et elle simplifie. Pour nous perdre, nous faire réfléchir, nous pousser à mieux regarder, ôter les éléments de décor des photographies originales lui permet de modifier l’histoire que raconte une peinture. L’idée lui en est venue à force de regarder des clichés de modèles posant devant des fonds de couleurs à la fois vives et vibrantes. Et par là-même, elle porte sur ses épaules le combat de la femme, non pas sur les rings mais sur les podiums de l’art. C’est vraiment saisissant d’étudier les œuvres de cette artiste-peintre et de s’attacher aux effets de la juxtaposition entre une peau, un visage, un regard et un turquoise, un bleu, un rose ou un rouge vifs. Ainsi, l’entité de la femme chez notre artiste s’affirme et officie comme le symbole d’une souffrance exorcisée et un moyen de se révolter et s’exprimer. La couleur et la lumière sont basiques dans sa palette. Sans lumière, il y aurait le chaos. La couleur remplace les mots. C’est le préverbal qui invite à contempler dans le silence. Son monde se raconte par les formes et les couleurs. Elle crée la vision de ses rêves sans les planifier. Bref, les œuvres d’Ilham Errahouti sont colorées, pleines de courbes, de sensualité, et d’une touche d’espoir, elle qui aime jouer avec mots. Elle s’inspire de la femme, de son corps, son histoire, mais aussi de celles d’autres femmes. Ses peintures sont un hommage à toutes les formes de féminités.

Ayoub Akil

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