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Hayat Maradji, au-delà du sublime

Hayat MaradjiA première vue, il n’échappe à personne que l’œuvre de l’artiste-peintre et calligraphe marocaine Hayat Maradji est d’un tel onirisme de rêveries incantatoires qui se matérialise en un monde de mutations et de métamorphoses. Plus encore, c’est même le symbole de la transcendance qui peut s’interpréter comme être-médium unique, doué d’une vision spirituelle, allégorie du voyage libérateur.

Cela se convertit en symbole de l’onirisme par excellence, dans la création de Hayat pour nous identifier pleinement avec cette étape de synchronisme. Un symbole qui fusionne iconographiquement des impressions intérieures et extérieures, volontaires et intuitives, éveillées et endormies. Pendant qu’ils mûrissent, pendant qu’ils atteignent leur autonomie expressive, les tableaux clament, exigent, refusent. Ils émettent et demandent une énergie. C’est ce qui explique aussi les tailles polychromes de l’œuvre de Hayat, qui permettent d’entrevoir ce qui est aujourd’hui en peinture, sa dernière métamorphose. «Peindre est d’abord est un plaisir qui me permet de communiquer aux autres ma vision, d’amener l’invisible au visible, de mettre le point sur l’irréel et le réel, c’est aussi la possibilité de transmettre la poésie de la vie en les faisant sortir de la guerre duelle. Rêver c’est changer sa perspective», explique Hayat Maradji. Son œuvre se caractérise alors par des volumes enveloppants et enveloppés, par des formes contournés par la faculté de transmettre la sensation d’un lent mouvement giratoire. Ombre et lumière se répartissent les saillis et le creux les incitions rayonnantes, les incidences curvilignes et même complètement circulaires. La texture lisse, consistance, mate ou brillante convienne autant à la forme qu'au volume, le rendant plus somptueux et sensuel. « La toile se construit sans idée préconçue. Il n y a ni croquis ni schéma, elle résulte de l’inspiration du moment. Une fois finie, j’y pose un regard aussi pénétrant que contemplatif. Je suis dans le plaisir de l’accouchement et je m’émerveille de chaque nouveau bébé. La couleur et la lumière sont basiques dans ma palette. Sans lumière, il y aurait le chaos je ne puis même l’imaginer. La couleur remplace les mots. C’est le préverbal qui invite à contempler dans le silence», poursuit-elle. Que ce soit en peinture ou en calligraphie, aucun détail superflu chez Hayat. Elle va à l’essentiel. Cette méditation que rien ne semble pouvoir déranger, le spectateur l’éprouve à son tour. Ses tableaux troublent par leur simplicité totale. Car la plasticienne, apparemment impassible, traite ses splendides natures mortes avec le même souci de réalité plus que de réalisme. Elle offre ainsi beaucoup d’émotion mais aussi l’occasion de comprendre la réalité du travail d’une artiste-peintre exigeante qui se fie à son inspiration. « Mon inspiration découle de mon monde intérieur. Je n’ai jamais voulu me laisser influencer par qui que ce soit ni par quoi que ce soit. C’est bien sûr mon choix et il vaut ce qu’il vaut par l’inspiration de mes voyages et de ma spiritualité», ajoute-t-elle. Elle partage cette affinité avec le spectateur comme un langage pour traiter avec l’esprit. Cette grammaire du trait se veut une locution susceptible de s’appliquer au langage graphique de Hayat, en sa rigueur, sa diversification, sa fluidité. Techniquement aussi, l’œuvre se veut le miroir de la genèse de Hayat et de son univers fougueusement charmant à souhait. Elle s’est appuyée sur son propre terrain fertile en thèmes et en sujets pour revisiter ce thème autrement. Elle fait appel à l’imagination, son précieux outil, lui accordant le premier rôle et l’autorisant à s’ébattre en toute liberté et fantaisie. Elle fait confiance également à ce riche substrat de matières variées qui couvent en lui dans les tréfonds de sa psyché et qui est fait de souvenirs, d’expériences marquantes, de rêves, d’idéaux, de toute une symbolique personnelle. Tout cela s’y est bousculé et a ressorti sur la toile en voisinages inattendus, suscitant chez le spectateur la surprise et le questionnement. « J’ai cette conscience que mes toiles interrogent sans répétition .C’est un ressenti que je partage dans l’humilité d’un regard réciproquement libre quant à la beauté du représenté et de la représentation dans son essence la plus pure. N’oubliez pas que mon premier désir est évasion et enchantement», affirme-t-elle. Il faut dire que dans ses œuvres, Hayat Maradji cultive un lâcher-prise qui autorise à sa création de remonter de l’obscurité jusqu’au grand jour. Ici encore, la composition s’impose d’elle-même en une sorte de lumineux éclat visionnaire, à partir de quelques éléments entrevus que l’ensemble se construit au rythme de l’élan créateur et quelques pas dans les territoires infinis de la création.

Ayoub Akil

Bio-express

Native de Casablanca, cette fille du grand photographe reporter Mohamed Maradj, témoin de son père et nièce de l’artiste plasticien feu Abdellatif Zine, Hayat Maradji a ayant un parcours BAC+5 en design graphisme et en management des entreprises et plusieurs expériences professionnelles à Paris et une formation aux Beaux-Arts de Paris. « Ces éléments favorables ont permis de m’imprégner des deux mondes visuels qui sont la photographie par son instant vif et intense de précision et le monde plastique et graphique riche en couleurs et en créativité méthodologique», confie-t-elle.

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