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Élections 2021 : Le PJD a la gueule de bois

Rachid Abbar, rédacteur en chef.

«Fiasco», «claque», «désaveu», les mots ne manquent pas pour décrire la raclée historique subie par le PJD lors de ces élections régionales, communales et législatives de 2021. Les islamistes ont déçu tout le monde, y compris ceux qui les ont propulsé au pouvoir. Leur électorat n’a pas été absent, mais bien présent aux urnes cette fois pour les déloger. Tout le monde savait que les islamistes avaient perdu toute crédibilité. Ce qu’on ignorait, c’est à quel point les Marocains leur en veulent et ne peuvent plus les supporter. En témoigne le taux de participation qui avoisine les 50%. Ce que les PJDistes refusent de voir aujourd’hui, c’est que s’il n’y avait pas ce nouveau système de quotient électoral, ils n’auraient même pas pu atteindre 10 sièges au parlement. Ce n’est pas un vote sanction, mais plutôt un coup de pied dans le derrière que les islamistes ont reçu de la part des électeurs. Passer de 125 sièges en 2016 à 12 seulement et difficilement arrachés est un camouflet historique. Du jamais dans l’histoire de la démocratie au Maroc.  Après une décennie de politiques d’Etat cuisinées avec amateurisme et incohérence le tout mijoté dans une sauce épicée au misérabilisme, les élus de la lampe ont réussi l’exploit de se mettre à dos toutes les couches sociales des plus défavorisés à la classe moyenne. Il y a longtemps que personne ne rit aux les anecdotes de comptoir de Abdelilah Benkirane et aux blagues pourries de Saad Eddine El Otmani. Les dirigeants et les militants du parti islamiste se sont réveillés au lendemain de ce triple scrutin avec une sacrée gueule de bois. Étourdis, confus et facilement irritables, les gens du PJD balbutient et divaguent à l’image de l’ancien maire de Fès, Driss El Azami. Visage pâle, regard vague et voix terne, l’homme qui a sorti les crocs pour le maintien des privilèges des parlementaires a demandé qu’on explique aux Marocains les chiffres médiocres du PJD. Ce n’est pas aux Marocains qu’il faut l’expliquer, mais à vous. Lorsque vous serez lucides et que l’effet enivrant de votre débâcle s’estompe, vous comprendrez que les Marocains ne veulent plus de vous, ni au gouvernement, ni encore moins à l’opposition.  

 

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