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Donald Trump seul au monde ?

Donald TrumpPOLITIQUE – Donald Trump va-t-il finir seul sa campagne de sa réélection ?Alors que la plupart des parlementaires républicains évitent depuis une semaine de commenter la gestion des crises provoquées par le coronavirus puis la mort de George Floyd par le président américain, l’ex-secrétaire d’Etat de George W. Bush, Colin Powell, a annoncé dimanche 7 juin qu’il voterait pour… son adversaire démocrate Joe Biden, mettant en garde contre le danger d’un second mandat de Donald Trump, président « qui ment tout le temps ». Premier Afro-Américain à avoir occupé le poste de chef d’état-major des armées avant de devenir chef de la diplomatie américaine sous la présidence républicaine de George W. Bush, Colin Powell, 83 ans, a toujours été très critique envers Donald Trump.

Il y a quatre ans, il avait annoncé qu’il voterait Hillary Clinton. «Je ne pouvais voter pour lui (en 2016) et je ne peux certainement pas soutenir le président Trump cette année», a-t-il déclaré sur CNN, précisant explicitement qu’il voterait pour Joe Biden. «Nous avons une constitution, nous devons respecter la constitution. Et le président s’en est éloigné», a-t-il déploré, évoquant en particulier sa réaction face aux manifestations contre le racisme à travers les Etats-Unis après la mort de George Floyd sous le genou d’un policier blanc. «Je n’aurais jamais utilisé ce mot pour aucun des quatre présidents pour lesquels j’ai travaillé : il ment», a-t-il poursuivi, déplorant le silence du parti républicain vis-à-vis du milliardaire. «Il ment tout le temps», a-t-il insisté, appelant tous les Américains à réfléchir à son impact sur la société et sur la place des Etats-Unis dans le monde.

Interrogé sur le sévère réquisitoire de Jim Mattis, ex-ministre de la Défense de Donald Trump qui a accusé ce dernier de vouloir «diviser» l’Amérique, Colin Powell a estimé que le diagnostic était indiscutable. «Regardez tout ce qu’il a fait pour nous diviser», a-t-il martelé, évoquant la question des tensions raciales mais aussi les relations avec les alliés des Etats-Unis. Avocat de la guerre en Irak, Colin Powell avait fait le 5 février 2003, devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, une longue allocution sur les armes de destruction massives (ADM) prétendument détenues par l’Irak, des arguments qui ont servi à justifier l’invasion du pays. Il a admis par la suite que cette prestation était une « tache » sur sa réputation : «C’est une tache parce que je suis celui qui a fait cette présentation au nom des Etats-Unis devant le monde, et cela fera toujours partie de mon bilan.» «Réfléchissez, faites appel à votre bon sens, posez-vous la question : est-ce bon pour mon pays ?»

Dans un tweet rédigé peu après l’entretien de l’ancien chef de la diplomatie américaine, Donald Trump a ironisé sur le soutien apporté à son rival démocrate par un homme à la réputation selon lui « très surfaite». Et il est longtemps revenu sur l’épisode de 2003. « Powell n’avait-il pas dit que l’Irak avait des armes de destruction massives ? Ils n’en avaient pas, mais nous sommes partis en GUERRE !»

Autre personnalité noire de premier plan des années Bush, Condoleezza Rice, qui avait succédé à Colin Powell en 2005 au département d’Etat, a refusé de se prononcer à ce stade sur son vote. Mais celle qui n’avait pas soutenu Donald Trump en 2016 lui a distillé des conseils qui ressemblent fort à une liste de reproches. «Mettez les tweets de côté pour quelque temps et parlez-nous, engagez la conversation», lui a-t-elle suggéré sur CBS, l’appelant à faire preuve de plus d’empathie.

«Tout au long de notre histoire, nous nous sommes tournés vers le bureau Ovale en quête de messages, de signaux.»

Une sénatrice républicaine a également révélé jeudi avoir « du mal » à se décider à voter pour Donald Trump en novembre, en estimant que le réquisitoire corrosif contre le président américain publié par son ex-ministre de la Défense était « vrai » et « nécessaire ». Si la sénatrice Lisa Murkowski appartient à l’aile modérée du parti et revendique sa liberté d’opinion, de telles déclarations restent néanmoins rarissimes au sein du camp républicain, resté largement fidèle au président américain au cours de précédentes crises, y compris lors de son procès en destitution. Lisa Murkowski faisait référence aux mots durs publiés mercredi par l’ex-ministre de la Défense de Donald Trump, Jim Mattis, qui l’a accusé de « diviser » l’Amérique, secouée par un mouvement de colère historique contre le racisme et les violences policières depuis la mort de George Floyd, le 25 mai.

« De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n’essaye pas de rassembler les Américains », a écrit l’ancien général des Marines qui avait démissionné en 2018. «J’ai trouvé que les mots du général Mattis étaient vrais, honnêtes, nécessaires et n’avaient que trop tardé », a déclaré Lisa Murkowski à des journalistes au Congrès. Aux journalistes qui lui demandaient si elle comptait voter pour la réélection de Donald Trump en novembre, elle a confié : « J’ai encore du mal avec cela. Cela fait longtemps que j’ai du mal avec cela.»

Bush Jr «ne soutiendra pas» Trump, Romney manifeste Souvent très critique de Donald Trump, un autre sénateur républicain, Mitt Romney, a quant à lui jugé la tribune de Jim Mattis « très puissante ».

Dimanche, l’ancien candidat du camp républicain face à Barack Obama en 2012 a même participé – au côté d’un groupe d’évangélistes – à une manifestation contre le racisme et les violences policières à Washington. « Je participe à cette manifestation pour m’assurer que les gens comprennent que les vies des Noirs comptent », a-t-il expliqué à nos confrères du « Washington Post ». Autre écueil pour la Maison-Blanche : selon le « New York Times », George W. Bush lui-même « ne soutiendra pas » la réélection de Donald Trump le 3 novembre pour un deuxième mandat de quatre ans. Le quotidien, qui ne cite pas de source, ne précise pas si le seul ancien président républicain encore en vie envisage de voter pour Joe Biden.

Marocainspartout (Avec AFP)

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