Chronique

Le pari fou réussi par Abdelhak Mendoça

  • Marocains partout
  • 20 Mai 2017 - 18:16

Ils sont rares ceux qui savent que le RAC est l’un sinon le plus ancien club du Maroc. Crée en 1917 le Racing  Athlétic Club de Casablanca a été durant de longues années un acteur primordial et incontournable du championnat du Maroc avant  et post indépendance. La preuve en est que le club cher à feu Daniel Pilard, journaliste et entraineur, a été champion à trois reprises (1945, 1954 et 1972) avant de remporter une coupe du Trône en 1968 contre le Raja et d’accéder à une autre finale contre le Chabab de Mohammedia en 1972, finale qui n’a jamais été disputée. Le RAC a été, par ailleurs, vice-champion en 1962 et en 1965.


Fait curieux, le Racing casablancais malgré sa longue existence n’a jamais pu avoir un public aussi nombreux que  celui du  Wydad ou du  Raja. Les Rouges et les Verts, puisant leurs supporters en Nouvelle Medina ou à Derb Soltane, trônent en tête et attirent une affluence record. Mais cela  n’inquiète pas outre mesure un club serein qui se contente d’un public restreint mais fidèle. Le RAC est en effet une force tranquille qui poursuit son bonhomme de chemin et se maintient contre vents et marées. Mais cette continuité, le RAC la doit à une poignée de personnes qui se sont, à travers le temps, relayées pour maintenir le club en vie. Sans véritables ressources financières le club arrive à surmonter ce grand handicap grâce à certains mécènes. Jadis ce fut Ahmed Antifit puis le regretté Hamid Jamal et  Nacer Rizkallah, frère de Mendoça qui se sont démenés comme de beaux diables pour que le RAC n’abandonne jamais.
La griffe  de Mendoça 

Mais le personnage charismatique dont le nom s’associe  indéniablement au RAC est incontestablement Abdelhak Rizkallah alias Mendoça, un personnage qui ne vit, depuis un demi-siècle, que pour son club de toujours. D’abord joueur, il a fini par passer de l’autre coté de la barrière et de batailler dur et fort afin que le RAC perdure malgré tous les aléas . Il s’est juré de poursuivre le chemin tracé par les fondateurs de ce bon vieux club à l’origine de la formation de grands joueurs qui ont marqué le football national. Kala ,Ajaka, Chekaoui, Abouali, Safoui, Hamid,Tarbich  et Ali autant de fabuleux footballeurs issus de l’école du RAC et qui ont souvent alimenté l’équipe nationale. Club formateur le RAC a produit durant le dernière décennie des joueurs comme Nadir Lemyaghri, ancien gardien du Wydad et de l’équipe nationale et Yacine Salhi joueur du Raja. Le plus remarquable est que le célèbre entraineur Heleno Herrera qui a inventé le système de jeu dit « catenaccio » basé sur la défense à outrance, ait joué au RAC avant de rejoindre l’Italie. Là Herrera a accompli une riche carrière en tant que coach. Actuellement Aytoub Kaabi qui évolue au RAC a été cappelé en équipe des locaux et beaucoup d’observateurs lui prédisent un avenir des plus prometteurs. Sacré Mendoça tu peux partir tranquille. Le pari insensé que tu avais relevé à  l’occasion du centenaire du RAC a été réussi. Bravo !

Mustapha Abou Ibadallah

(Journaliste, Chroniqueur)

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