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CINEMA – Jade Chkif : “Il n’y a pas mieux que transmettre son savoir à un enfant”  

Jade Chkif
Jade Chkif, un touche-à-tout.

 INTERVIEW – Né en France, d’origine marocaine, Jade Chkif se considère comme un citoyen du monde. Acteur, coach de jeunes comédiens, un touche-à-tout…, il a activement collaboré à la création de l’ultime saison de la série phénomène de Canal+ “Engrenages”. Un travail qui valut au jeune Jade Chkif  les honneurs de la production. Rencontre avec un artiste discret, mais au succès constant. 

 

Marocainspartout : On vous a vu récemment faire une apparition dans la saison 8 de la série « Engrenages ». Comment avez-vous vécu cette expérience ? 

Jade Chkif : Cette expérience a été pour moi une de mes meilleures expériences professionnelles et humaines à la fois. C’est l’une des plus grandes séries françaises et des plus célèbres, produite par CANAL+. J’’étais présent de la préparation du tournage pour traduire les dialogues, lors du casting des comédiens enfants pour leur donné la réplique. Le directeur de casting enfant est Mohamed Belhamar, accompagné de Ludmila Donn. Ce sont de véritables découvreurs de talents. J’y étais jusqu’à la fin, c’est-à-dire la post-synchronisation. Ce fut une expérience très humaine. J’ai rencontré 3 équipes différentes car il y avait 3 réalisateurs sur cette saison : Jean-Philippe Amar, Nicolas Guicheteau et Frédéric Jardin.  

Vous n’avez pas fait que jouer des scènes, mais vous avez également et surtout dirigé le petit Ayoub Barboucha, alias Souleymane, qui, on peut le dire, a crevé́ carrément l’écran.  

 

Jade Chkif
Jade Chkif en compagnie d’Ayoub Barboucha (D), alias Souleymane.

A part apparaître à l’écran en tant qu’acteur dans le rôle du Traducteur, j’ai traduit tous les dialogues du français au Marocain (Darija) et vice versa. Et bien évidement, le gros de mon travail était coach enfant. C’est donc une grande responsabilité dans la partie mise en scène. A ce propos, je remercie toute l’équipe de m’avoir fait confiance dès le départ car c’est un travail d’équipe avant tout. 

Concrètement, comment coache-t-on les jeunes ? 

Dans mon cursus professionnel, j’ai été animateur enfant, donc j’aime travailler avec les enfants, c’est important. Puis, je suis avant tout acteur. Car la meilleur des choses dans la vie c’est de transmettre son savoir à un enfant , ça peux être : sportif, artistique etc …. La meilleur des choses dans la vie c’est de transmettre, apprendre une choses qui sera utile à un enfant dans sa vie. Le coaching d’un enfant est très complexe car c’est un jeune, il faut qu’il s’amuse, pour qu’il donne toute sa spontanéité. Il faut apprendre à le connaître et avoir une complicité avec lui. Je le considérais comme un petit frère, il y a plusieurs étapes dans le coaching. Il faut lui faire travailler le texte en amont, lui faire comprendre son histoire dans le scénario, le familiariser avec son personnage et surtout avec les autres acteurs tout en n’oubliant pas que c’est juste un jeu. C’est un travail de confiance mutuelle. Chaque enfant est différent. En faite, Mon métier de coach enfant n’est pas de former l’enfant, mais de lui permettre de se révéler car tous les enfants ont du génie, le tout est de le faire apparaître. 

Jade Chkif
Une scène de la saison 8 d’Engrenages.

La performance d’Ayoub Barboucha a été exceptionnelle, pourtant c’est son premier rôle. Comment avez-vous fait pour qu’il puisse sortir le meilleur de lui ? Le plus difficile avec les enfants c’est qu’ils doivent rester le plus naturel possible même si on est dans une fiction. Comment on y parvient ? 

Ayoub est un enfant très intelligent. Il doit s’amuser en somme. Il doit jouer. Son personnage est un enfant isoler marocain qui se retrouve à Paris, sans papier à la rue, seul. Ayoub a vécu une partie de son enfance au Maroc, donc je lui donnais des exemples de vie d’enfants pour qu’il puisse reproduire le comportement de ces enfants de la rue.  Dans chaque situation, je lui exposais un exemple réel pour qu’il le reproduise et surtout pour qu’il comprenne et qu’il le vive. Je lui présente toutes les personnes du plateau de tournage pour qu’il se sente vraiment chez lui. Au final, il est devenu leur chouchou. Il apportait la fraîcheur au plateau de tournage. Tout le monde l’aimait. Plus les jours passaient, plus il évoluait dans son jeu d’acteur car il se sentait chez lui et surtout en confiance. Quand un enfant se sent bien entouré, protégé et valorisé, il joue comme s’il était à la maison. Je faisais vraiment aussi attention à lui. Je veillais à qu’il soit le plus à l’aise possible et qu’il ne se fatigue pas.  

Est-ce que vous assistez aussi aux répétitions que le réalisateur fait avec ses comédiens en amont du tournage ? 

Oui pour recevoir les indications de jeu du personnage. Être coach c’est se mettre au service du réalisateur, de sa vision des choses tout en s’effaçant et en écoutant les indications de celui-ci car c’est lui le metteur en scène.  

Vous allez poursuivre dans le coaching de jeunes acteurs ?    

Oui je compte bien poursuivre en parallèle avec mon métier d’acteur. Car j’ai découvert que transmettre un savoir à un enfant et de le voir réussir est la meilleure des choses qu’on peut avoir dans la vie. On se sent utile.  

Vous êtes acteur, artiste aux multiples talents, quels sont les projets de Jade Chkif ?  

Pour l’instant, j’attends des réponses de casting. Et avec le problème que le monde subit en ce moment face au Covid-19, le monde artistique est un peu à l’arrêt. 

Propos recueillis par  Rachid Abbar 

 

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