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Asmaa Rochdi, l’art d’une voyageuse en couleurs

Asmaa RochdiEXPOSITION – Joyeuse fête de couleurs, de formes et de lumières, l’œuvre de l’artiste-peintre Asmaa Rochdi est le fruit de plusieurs années de travail et de recherches. Cette native de Marrakech dévoile au public aujourd’hui son univers figuratif intime fait de rêves fugaces et de poésie impalpable. En témoignent ses œuvres récentes qu’elle expose à partir du 13 décembre à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca dans le cadre de la cinquième édition de l’Exposition internationale « Les Mains qui voient». De quoi ravir les amateurs de l’art contemporain marocain, évidemment.

Sa passion : la peinture et les voyages. Sa devise : la créativité et le sérieux. Et son terrain de jeu : la toile. Il s’agit d’une plasticienne dont la fertilité intellectuelle se reflète dans la production picturale. Cette expérience, Asmaa Rochdi l’a partagée un peu partout, au Maroc comme à l’étranger notamment en Suisse, à travers plusieurs expositions et rencontres d’art. Et c’est cette même quête renouvelée de styles, de couleurs, de formes et de lumières que l’artiste-peintre a décidé d’exposer dans le cadre de l’exposition internationale «Les Mains qui voient », prévue du 13 au 29 décembre à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca. Furtive, incisive et juste, la touche de la plasticienne Asmaa Rochdi nous introduit directement dans son univers pictographique où elle donne libre cours à sa sensibilité. «Peindre est d’abord est un plaisir qui me permet de communiquer aux autres ma vision, d’amener l’invisible au visible, de mettre le point sur l’irréel et le réel, c’est aussi la possibilité de transmettre la poésie de la vie en les faisant sortir de la guerre duelle. Rêver c’est changer sa perspective», nous confie Asmaa Rochdi. Cette ancienne hôtesse de l’air de compagnie Royal Air Maroc a fait le tour de l’Afrique subsaharienne pour rencontrer l’humilité et les différentes sensibilités culturelles et religieuses des peuples de cette partie du Continent. Elle y a puisé son inspiration. Et cela est nettement perceptible dans ses œuvres où elle fait de la condition de la femme africaine dans tous ses états son cheval de bataille.

Asmaa RochdiDans ses travaux figuratifs à souhait, notre artiste tente ardemment, à travers des portraits de la beauté noire à l’état brut, de repenser la question du féminisme, ainsi que les notions identitaires autour du genre et de la sexualité. Pour elle, le corps féminin africain est l’objet suprême du sacrifice patriarcal. Il est aussi le corps sacré, souillé, transgressant les frontières de race et de genre dans la façon dont il met en scène et incarne l’histoire. « L’utilisation du corps comme moyen d’expression participe à la critique des institutions dominantes et d’une redécouverte de soi, de l’art et des autres. Sur le corps des femmes africaines, j’essaie d’inscrire des propositions à la fois personnelles et collectives, conformes à leurs expériences vécues, souvent contradictoires avec les regards masculins autrefois portés sur elles dans leurs innombrables représentations», indique-t-elle à ce propos. Et l’on peut avancer que son travail fait preuve d’une conception faite d’exigence et d’honnêteté foncières, mais aussi d’instinct immédiat, de rêve, de poésie et de fantaisie. Ces aspects s’harmonisent pour s’incarner littéralement dans la matière, le pigment, le trait et la lumière. D’autant plus qu’il s’agit d’une artiste charismatique, une figure éprise d’art et de liberté. Une artiste qui, après plusieurs années investies au sein de Royal Air Maroc, retrouve ces premières amours : la peinture. Ce rêve qu’elle fredonne depuis sa tendre enfance est enfin pur et nu devant ses yeux, depuis dix ans déjà. Et depuis, elle s’y investit corps et âme, par tous ses sens. D’où la fantaisie qui caractérise sa liberté d’expression, quasiment lyrique. « La toile se construit sans idée préconçue. Il n’y a ni croquis ni schéma, elle résulte de l’inspiration du moment. Une fois finie, j’y pose un regard aussi pénétrant que contemplatif. Je suis dans le plaisir de l’accouchement et je m’émerveille de chaque nouveau bébé», conclut-elle.

Ayoub Akil

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