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Amal El Atrache et Yi Ling, artistes confinées mais inspirées

Amal El Atrache,CONTENU PARTENAIRE – L’une est marocaine, l’autre chinoise et elles ont dû, durant des mois, partager le même espace de vie, tenter de communiquer, se comprendre, se supporter et supporter cette conjoncture qui les a réunies, sous le même toit, elles qui viennent de deux univers complètement différents… L’un à l’opposé de l’autre.

Amal El Atrache, artiste peintre, comédienne, scénariste, qui a élu depuis quelques années, domicile à Tanger et Yi Ling, styliste, designer, artiste peintre, en vacances dans le nord : Deux créatrices coincées dans un espace clos. De ces situations où l’être se perd dans les méandres d’une conjonctures trop rude, aux retrouvailles entre deux inconnues, qui se découvrent, se rapprochent et deviennent «âmes sœurs», grâce à l’art et à la création. Des œuvres qui seront exposés dès demain, samedi 10 octobre 2020, dans la galerie de Dar Chams Kasbah à Tanger

Amal El Atrache et Yi Ling se sont retrouvées prisonnières du petit village de Médiouna, situé entre la forêt et l’océan Atlantique. Un voyage initialement d’une quinzaine de jour qui se transforme en un séjour de plus de sept mois et qui a donné naissance à une exposition inédite, mais aussi à un partage de vie tout simplement. Deux tempéraments différents, deux modes de vie différents…

Sept mois, durant lesquels les deux femmes ont chacune vaqué à ses occupations, entre castings digitaux au Maroc et gestion de magasins en Chine, nos deux créatrices ont pu faire de cette «vie à deux» une cession d’apprentissage sur l’autre, mais aussi de création. Aquarelle, encre de Chine, papier… Et un univers en perspective. Yi Ling, qui a évolué, depuis son enfance, dans un univers dessiné par l’encre de Chine, une pratique qu’elle tient de son grand-père, légendaire calligraphe chinois, a su s’inspirer de ce firmament de nuances et l’utiliser dans ses designs et collections de mode.

Quant à Amal, c’est l’aquarelle qui habite son cœur et sa pensée. Celles et ceux qui la connaissent, l’ont rarement vue sans son carnet de dessin et sa minuscule boite de couleurs. Ce geste qu’elle a, spontané de vouloir tout dessiner, retranscrire à sa manière, sur ce papier précieux qui ne la quitte jamais… Ces deux femmes avaient tout pour être «différentes», mais à bien y réfléchir, elles sont toutes les deux animées, hantées, par cet inconditionnel amour de la création et de la poésie qui en résulte. Confinement forcé, cette infatigable muse.

Enfermer un (e) artiste, c’est l’étouffer, le jeter dans un gouffre noir et le priver de la lumière, sa lumière, mais c’est également le pousser à puiser dans cet imaginaire qu’il (elle) ne laissait pas «parler» auparavant. C’est ce que Amal et Yi ont décidé de faire, au lieu de terrer leur créativité et lui faire subir le poids de l’isolement. De ce confinement sont nées des œuvres qui racontent plusieurs histoires, plusieurs vies, des moments de grande solitude, mais aussi d’escapade dans les remparts de Tanger, à El Jadida, Azemmour…

YI Ling, communion entre ciel et terre Yi travaille rapidement. Les gestes précis ou jetés se succèdent dans la même dynamique que le yoga ou la méditation qu’elle pratique trois fois par jour. Toujours en harmonie avec le thème traité, le trait vif capte le mouvement d’une silhouette, le pli d’un vêtement, saisit la rondeur d’un chat au repos ou se décompose en une succession de touches pour donner vie à une forêt. Elle semble comme emportée par une écriture automatique qui l’emmène immédiatement à la prochaine page. Trois coups de pinceau lui suffisent pour rendre le mouvement d’un personnage, d’un animal, d’un arbre ou d’une fleur, comme pour ne pas intervenir trop profondément dans la vie des autres selon les préceptes bouddhistes. Elle trace son trait mais aussi son chemin vers une autre courbes, un autre moment de vie à immortaliser, sans pour autant la brusquer.

Amal El Atrache, nuances sentimentales Elle aime sa solitude, aime s’y perdre pour pouvoir décrire des parcelles de vie. Amal El Atrache aime donner des noms et des couleurs aux sentiments. Fascinée par la beauté et la grâce de Yi, Amal s’est laissée porter par la poésie de ses œuvres. Le hasard et l’utilisation de doubles pages ont déterminé le format panoramique de ses portraits. Un seul format, un seul modèle pour toujours capter l’émotion de la rencontre, le spontané de l’attitude, pour partir à la conquête du cadre avec le modèle, avec pour gourmandise la pose de la couleur en éclats.

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