Home / Monde Arabe / Algérie : Boutef sacrifié, la rue ne lâche rien…

Algérie : Boutef sacrifié, la rue ne lâche rien…

AlgérieLes Algériens réclamant un changement de régime retournent dans la rue pour le premier vendredi de manifestations après la mise à l’écart du président Abdelaziz Bouteflika, conçue pour apaiser la contestation populaire. Plus d’un mois après le début de cette contestation populaire inédite, le chef d’état major de l’armée algérienne et vice-ministre de la Défense Ahmed Gaïd Salah avait proposé mardi que le président Abdelaziz Bouteflika soit déclaré inapte à exercer le pouvoir en vertu de la Constitution ou qu’il démissionne. Âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika est affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) qui, depuis 2013, l’empêchent de s’adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Alors la balle est désormais dans le camp de Abdelaziz Bouteflika lui-même, s’il choisit de démissionner, ou dans celui du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, un proche du président à qui il revient de lancer la procédure permettant de déclarer le chef de l’Etat inapte à exercer ses fonctions. Décidément, le pouvoir algérien, agonisant à l’image de son président fantoche, semble vouloir gagner du temps en misant sur un essoufflement de la pression de la rue. Cette annonce ne va certainement pas régler la crise. Car aujourd’hui, les Algériens ne réclament pas uniquement le départ de Bouteflika, mais de tout le système.

Dessin du caricaturiste Dilem, du journal Liberté d’Algérie. https://www.liberte-algerie.com/

Largement marginalisés par le mouvement de contestation, le parti du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), principale formation islamiste, a estimé que l’article 102 « ne permet pas la mise en œuvre de réformes » une fois appliqué et empêche de futures « élections libres ». Le MSP, qui a rompu avec la majorité présidentielle depuis 2012, a appelé l’armée à «se contenter d’accompagner la classe politique dans la recherche d’une solution». « La mise en œuvre de l’article 102 » ne peut régler seule la crise Ali Benflis, ex-Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika devenu l’un de ses principaux opposants, a salué l’« engagement » de l’armée à trouver une solution satisfaisant « les revendications légitimes » du peuple algérien, mais a averti que « la mise en œuvre de l’article 102 » ne pouvait régler seule la crise. Le Front des Forces socialistes, plus ancien parti d’opposition, a dénoncé, lui, « un coup de force contre la volonté populaire (…) à savoir le départ du système et de ses hommes, et pas seulement du chef de l’Etat ». Pour rappel, la contestation en Algérie, pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février par des manifestations massives contre l’annonce de la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat

About Rédaction

Check Also

Laïla Lalami

Laïla Lalami, la romancière qui raconte l’Amérique   

PORTRAIT – La romancière Laïla Lalami, établie en Californie, est finaliste du grand prix littéraire américain, ...