Home / Maroc / Abdeslam El Fakir dévoile son «Introspection» au Centre culturel russe

Abdeslam El Fakir dévoile son «Introspection» au Centre culturel russe

«Introspection» est le thème qu’a choisi l’artiste-peintre, chercheur en sociologie et professeur de philosophie Abdeslam El Fakir pour sa première exposition individuelle qui se poursuit jusqu’au 30 janvier 2022 au Centre culturel russe de Rabat.

Organisée par l’Association marocaine pour le développement, la formation et l’insertion avec le concours du Centre Russe de la Science et de la Culture de Rabat, cette exposition donne à voir et à apprécier une série de plus de 25 œuvres récentes de ce plasticien d’un onirisme de rêveries incantatoires au cœur de l’abstraction.
A l’instar de l’artiste Wassily Kandinsky, la grande tâche du plasticien Abdeslam El Fakir consiste à créer des formes et des couleurs pour rendre visible l’invisible, l’irréel réel. A ce titre, il est très important de rappeler que, dans ce processus de réalisation abstraite, Abdeslam est un artiste abstrait, comme un voyageur qui, pour la première fois, effectue un voyage vers une destination inconnue, via un certain itinéraire, il sait qu’il est sensé marcher, mais ne sait pas ce que le voyage lui réserve comme paysages. C‘est seulement, une fois que le voyage est terminé qu’il peut décrire ce qu’il a fait et ce qu’il a découvert durant son itinéraire. Ainsi l’autonomie et l’indépendance de son œuvre lui permettent de s’exprimer indépendamment de sa peinture elle-même.

Dans ses œuvres abstraites qu’il expose actuellement au Centre culturel russe, aucun détail superflu chez Abdeslam El Fakir. Il va à l’essentiel. Cette méditation que rien ne semble pouvoir déranger, le contemplateur l’éprouve à son tour. Car le plasticien, apparemment impassible, offre beaucoup d’émotion mais aussi l’occasion de comprendre la réalité du travail d’un artiste-peintre exigeant qui se fie d’abord et surtout à son inspiration qui découle de son monde intérieur. Il s’appuie sur son propre terrain fertile en thèmes et en sujets. Il fait appel à l’imagination, son précieux outil, lui accordant le premier rôle et l’autorisant à s’ébattre en toute liberté et fantaisie. Il fait confiance également à ce riche substrat de matières variées qui couvent en lui dans les tréfonds de sa psyché.
Ici, qui dit abstraction ne signifie pas forcément dénuée de sens puisque notre artiste retranscrit ses sentiments sur la nature, l’univers, l’environnement, la vie, les secousses de la mort, ainsi que ses rêves poétiques à souhait. Sa peinture évoque beaucoup les mémoires perdues et ses portes souterraines, la place de l’individu dans la société, son absurdité causée par son éloignement de Dieu, le progrès de la science, le capitalisme, la disproportion de l’Homme, sa nature et sa condition, entre autres thématiques philosophiques. Mais la vie est là discrète, tamisée, comme un visage endormi entre deux rêves.
Chez Abdeslam, l’art et l’évasion se prononcent comme un univers scénique qui s’est considérablement transcendé par une narration picturale éclatée, abstraite, expérimentable, mais saisissable. Une narration qui englobe à la fois le post-modernisme, le transcendantalisme et le naturalisme. C’est dire qu’en somme, ses œuvres resteront le lieu d’inspiration pour son public grâce à ses différentes relectures et analyses à travers lesquelles il réussit à produire des tableaux différents allant du simple lecteur et au plus érudit des critiques.
Techniquement aussi, Abdeslam explore l’espace, dynamite la matière, explose les couleurs, installe des plans, métamorphose des supports, trace des chemins et des passages, réveille une couleur, ennoie une autre, éclaire tel point et plonge tel autre dans l’obscurité, il recouvre ou épargne, il froisse, écrase. Afin de galvaniser les émotions, l’art, en tant que création, prétend élever l’observateur jusqu’à un état transcendant de lucidité. Si cela peut être effectué, l’artiste a atteint son but. C’est comme si ce plasticien ne se suffisait plus de platitude mais chercher à célébrer surtout la diversité créatrice et sa liberté individuelle d’exprimer ses émotions, quelles qu’elles soient.

Ayoub Akil 

About Rédaction

Check Also

Hayat Saidi

Distinction: La peintre Hayat Saidi primée à Lecce

L’artiste-peintre marocaine Hayat Saidi a remporté récemment à Lecce, en Italie, le prix d’art international ...